L’euro a évolué à son plus haut niveau depuis près de deux mois face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, alors que les opérateurs détournaient leur attention des signes de bonne santé de l’économie américaine au bénéfice de la monnaie unique européenne. Il a d’abord franchi le seuil de 1,23 $ à la faveur de l’annonce dans la matinée par les directeurs d’achats du secteur des services de la zone euro (PMI) que leur indice est ressorti en hausse à 53,5 points en juillet contre 53,1 points en juin. Cette donnée, qui s’inscrit dans une tendance générale d’amélioration de la situation économique dans cette région, a été renforcée par l’annonce d’une hausse de 0,4 % des ventes de détail de la zone euro en juin par rapport à mai et de 0,9 % sur un an, selon Eurostat. Ensuite, la publication par le groupement des directeurs d’achats aux États-Unis de leur indice d’activité des services (ISM) n’a rien fait pour inverser la tendance, car il est ressorti en deçà des attentes. Cet indicateur très suivi a baissé à 60,5 points en juillet contre 62,2 points en juin, alors que les investisseurs tablaient sur un indice à 61 points. Ce chiffre a donc servi de prétexte pour tirer l’euro jusqu’à 1,2350 $ dans la crainte d’un changement du tableau général de l’économie américaine. Cela d’autant que le marché venait d’apprendre du cabinet de conseil Challenger, Gray & Christmas que les annonces de suppressions d’emplois dans les entreprises américaines se sont établies en juillet au-dessus de la barre de 100 000 pour le deuxième mois consécutif en affichant 102 971. Ce développement, qui intervient à la veille de la publication des chiffres de l’emploi aux États-Unis en juillet, a laissé craindre une détérioration du marché du travail américain à quelques jours de la réunion mardi prochain du comité de politique monétaire de la Fed qui pourrait renoncer au relèvement de son principal taux directeur de 3,25 % à 3,50 % comme largement attendu par la communauté financière. Cela étant, les opérateurs ont commencé hier à évoquer cette hypothèse en plus de la réévaluation du yuan chinois pour se débarrasser du dollar. L’euro ne tardait pas à en profiter, se négociant finalement à New York à 1,2335 $ contre 1,2190 $ la veille, en nouvelle et forte hausse de 1,19 %.
Coup de froid sur les Bourses
La Bourse américaine était moins unanime à la hausse hier, les investisseurs consolidant leurs positions après les gains de la veille, dans un contexte de tension sur le marché pétrolier, malgré l’amélioration des stocks aux États-Unis la semaine dernière. D’autres vents contraires, dont la détérioration de l’indice ISM des services et les suppressions d’emplois en juillet, ont également pesé sur la tendance. Il en est de même des résultats trimestriels décevants de Time Warner qui ont éclipsé les nouvelles faisant état du rachat par Adidas pour 3,1 milliards d’euros en numéraire de Reebok.
Les Bourses européennes ont également lâché du terrain hier, assommées par une pluie de nouvelles de sociétés peu conformes aux attentes. Les opérateurs ont donc été déçus par les résultats trimestriels de BMW, Henkel, BNP Paribas, Commerzbank… qui ont relégué au second plan la hausse de 2 % des immatriculations de voitures neuves en Allemagne en juillet pour le 4e mois consécutif.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont repris le chemin de la hausse, progressant de 13,61 $ à 13,75 $ et de 13,60 $ à 13,73 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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