Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Éclairage - Les violations des droits de l’homme passées sous silence

Les hommages rendus au roi Fahd ont passé sous silence les nombreuses violations des droits de l’homme dans le royaume saoudien ultraconservateur, régulièrement dénoncées par des organisations internationales et des pays occidentaux. Le gouvernement saoudien où se pratique un islam rigoriste a été souvent la cible des défenseurs des droits de l’homme et de plusieurs pays occidentaux qui dénoncent les abus commis dans le pays, notamment les tortures, les arrestations arbitraires et la répression de la liberté d’expression dans son sens le plus large. Même les États-Unis, considérés comme un allié du premier producteur mondial de pétrole, ont critiqué l’Arabie saoudite dans ce domaine. Dans son dernier rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde, le département d’État américain relève que Ryad a fait des progrès vers la démocratie mais « le bilan sur les violations des droits de l’homme (...) dépasse encore largement ces progrès ». « Des informations crédibles font état de tortures et d’abus sur des prisonniers par les forces de sécurité, des arrestations arbitraires et des détentions au secret. La police religieuse continue à intimider, à pratiquer des abus et à détenir des citoyens et des étrangers », poursuit le rapport publié en février. « Le gouvernement continue de limiter la liberté de parole et de la presse, de réunion et d’association et il existe des informations selon lesquelles le gouvernement a violé les droits à la vie privée », note encore le département d’État en mentionnant des violences et discriminations contre les femmes, les enfants et les minorités. En mai 2005, une commission mandatée par le Congrès américain a demandé à l’Administration américaine d’imposer des sanctions à Ryad en soulignant que le royaume soutenait financièrement des activités « qui encourageaient l’intolérance religieuse, la haine et dans certains cas la violence ». L’Arabie saoudite a même été placée en septembre 2004 par les Américains sur la liste noire des pays qui violent les droits de l’homme. Les pays qui font partie de cette liste risquent des sanctions gouvernementales dans plusieurs domaines, six mois après y avoir été inscrits. Des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch ont plusieurs fois demandé au royaume saoudien de pouvoir dépêcher sur place des enquêteurs mais leurs demandes sont rejetées. Amnesty estime que des dizaines de « prisonniers de conscience » sont dans les prisons saoudiennes mais souligne qu’il est quasi impossible de connaître leur nombre, compte tenu du manque d’informations et des sévères contrôles exercés sur les médias. « L’usage de la peine de mort est un sujet d’inquiétude », a expliqué Nicole Choueiry, porte-parole d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Le système judiciaire doit être réformé. Il n’est pas indépendant. Et il y a beaucoup de cas de lois discriminatrices et de pratiques contre les femmes », a-t-elle ajouté. Les organisations de défense des droits de l’homme ont espéré au début des années 1990 et en 2002 quelques améliorations dans la situation des droits de l’homme quand Ryad a voulu codifier les droits individuels et les procédures judiciaires, mais ils ont été déçus par la suite. « Ces espoirs ne se sont jamais concrétisés », a expliqué un spécialiste du Moyen-Orient au HRW à New York. « Il y a encore beaucoup de violations qui nous parviennent quotidiennement, des agressions sur des travailleurs immigrés, des détentions avant les procès, des cas de harcèlement, de torture... », a-t-il souligné. Giles HEWITT (AFP)
Les hommages rendus au roi Fahd ont passé sous silence les nombreuses violations des droits de l’homme dans le royaume saoudien ultraconservateur, régulièrement dénoncées par des organisations internationales et des pays occidentaux.
Le gouvernement saoudien où se pratique un islam rigoriste a été souvent la cible des défenseurs des droits de l’homme et de plusieurs pays occidentaux qui dénoncent les abus commis dans le pays, notamment les tortures, les arrestations arbitraires et la répression de la liberté d’expression dans son sens le plus large. Même les États-Unis, considérés comme un allié du premier producteur mondial de pétrole, ont critiqué l’Arabie saoudite dans ce domaine. Dans son dernier rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde, le département d’État américain...