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« Over there », quand la guerre d’Irak devient fiction

Petite révolution mercredi soir à la télévision américaine. Pour la première fois aux États-Unis, a été diffusé le premier épisode d’une série intitulée Over There portant sur un conflit en cours, en l’occurrence la guerre en Irak. La première diffusion de cette série de 13 épisodes était très attendue en raison d’un fort battage médiatique. Le feuilleton, sur la chaîne câblée FX, raconte la guerre du point de vue d’une équipe de huit jeunes soldats. Après avoir quitté leurs foyers aux États-Unis pour rejoindre leur unité, les voilà bientôt à bord d’un hélicoptère, puis dans une tranchée face à une mosquée tenue par des insurgés. L’occasion pour le sergent commandant l’unité de pester contre la bataille des « relations publiques » qui l’empêche de faire bombarder l’édifice. Si le pouvoir des images de la chaîne al-Jazira du Qatar dans le monde musulman est mentionné à cette occasion, cela restera la seule évocation de l’enjeu politique de la guerre commencée en mars 2003. Car, comme l’avait promis le producteur Steve Bochco, à qui l’on doit déjà les feuilletons policiers réalistes Hill Street Blues et NYPD Blue, la série est « totalement apolitique » et s’attache surtout à raconter la guerre du point de vue des soldats de base. Tous se sont engagés pour des motifs différents : l’un espère financer la suite de ses études, un autre a rejoint l’armée par dépit après avoir été refusé dans une chorale. Une des femmes laisse derrière elle son mari et son bébé. « Je serai de retour, l’année prochaine », leur dit-elle avant de prendre son paquetage. Les dialogues, marqués tout comme NYPD Blue par un langage très vert, à l’opposé de la majorité des séries ou des émissions de téléréalité américaines où tout dérapage est soigneusement censuré, font parfois sourire : « C’est une zone de guerre, ici », rappelle le sergent à des soldats néophytes, les invitant à la prudence. « Eh, mec, moi j’ai grandi dans une zone de guerre ! » répond un des soldats noirs, en référence évidente aux quartiers défavorisés des grandes villes américaines où sévissent les gangs armés. « Je suis au milieu de Shitville » (ville de merde), dit un soldat enregistrant un message vidéo envoyé par Internet à sa famille. « Désolée, vous ne pouvez pas dire où vous vous trouvez », l’interrompt une responsable. « On est venu vous botter le cul ! » hurle un autre soldat en vidant son chargeur sur un des combattants. Ces derniers sont coiffés de keffiehs... palestiniens, et leurs rares paroles intelligibles en arabe sont « Allahou Akbar » (Dieu est le plus grand). Filmée caméra à l’épaule et abusant parfois des effets visuels (contre-jours, images infrarouges, plans rapprochés en grand angle, ralentis à la John Woo), la série ne passe pas sous silence les horreurs de la guerre, comme ces images d’un membre de la guérilla coupé en deux par un obus ou l’explosion d’un engin piégé en bord de route dans laquelle un soldat perd sa jambe. La neutralité assumée du récit a toutefois laissé quelques commentateurs américains sur leur faim. « Notre présence en Irak a divisé ce pays, mais vous ne le devineriez jamais en voyant Over there. (...) Est-ce que ces jeunes savent pourquoi ils combattent en Irak ? » demandait mercredi le journal Boston Globe. Au total, 1 784 soldats américains sont morts en Irak depuis l’invasion du pays en mars 2003, selon un décompte de l’AFP effectué à partir des chiffres du Pentagone.

Petite révolution mercredi soir à la télévision américaine. Pour la première fois aux États-Unis, a été diffusé le premier épisode d’une série intitulée Over There portant sur un conflit en cours, en l’occurrence la guerre en Irak. La première diffusion de cette série de 13 épisodes était très attendue en raison d’un fort battage médiatique.
Le feuilleton, sur la chaîne câblée FX, raconte la guerre du point de vue d’une équipe de huit jeunes soldats. Après avoir quitté leurs foyers aux États-Unis pour rejoindre leur unité, les voilà bientôt à bord d’un hélicoptère, puis dans une tranchée face à une mosquée tenue par des insurgés. L’occasion pour le sergent commandant l’unité de pester contre la bataille des « relations publiques » qui l’empêche de faire bombarder l’édifice....