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Un demi-siècle de course paranoïaque à l’arme atomique

La volonté de Pyongyang de se doter de l’arme nucléaire puise son origine dans la guerre de Corée (1950-1953), où les États-Unis ont menacé à plusieurs reprises de larguer la bombe, de quoi provoquer une paranoïa encore accrue par l’invasion de l’Irak. Les Coréens du Nord baignent dès leur berceau dans la propagande du régime stalinien leur assénant que l’Amérique impérialiste a pour seul but d’annihiler le paradis des ouvriers par une frappe nucléaire. Leurs voisins du Sud eux-mêmes, pourtant alliés des États-Unis, craignent également une attaque américaine sur le Nord. « Vous pouvez donc vous imaginer que les Coréens du Nord s’inquiètent dix fois plus », explique Peter Beck, de l’International Crisis Group, groupe de réflexion indépendant. La guerre de Corée achevée, Pyongyang a tenu à se doter de l’arme suprême, s’estimant encerclé par les missiles stationnés par Washington en Corée du Sud et au Japon. Pour ce faire, le régime a signé un accord de recherche avec Moscou dans les années 50 en vertu duquel des centaines de scientifiques ont été formés en Union soviétique. En 1960 environ, débutait la construction d’un complexe de recherche nucléaire à Yongbyon, au nord de Pyongyang. Des Soviétiques ont aidé à l’assemblage d’un réacteur de recherche de deux mégawatts, entré en opération en 1965. En 1974, la Chine acceptait de former des scientifiques nord-coréens. Cinq ans plus tard, un deuxième réacteur était construit à Yongbyon, de cinq mégawatts cette fois. Il entrera en service en 1987 pour une capacité de production annuelle d’environ sept kilos de plutonium. À la fin des années 80, du combustible irradié était emmené en vue d’un retraitement pour extraire une douzaine de kilos de plutonium, assez pour deux bombes. En 1994, Pyongyang signait un traité avec les États-Unis gelant son nucléaire militaire en échange de la construction de réacteurs civils. Mais, en 2002, Washington révélait que l’accord avait été violé : le Nord avait bien mis fin à son programme basé sur le plutonium mais en avait entamé un nouveau – secret – à base d’uranium. L’invasion en 2003 de l’Irak, autre pays de l’« axe du mal » du président Bush, a conforté Pyongyang dans sa certitude de « l’hostilité » des États-Unis, argument répété à l’envi pour justifier son refus, depuis l’automne 2004, de participer à de nouvelles négociations internationales. Le régime communiste est d’ailleurs persuadé que Saddam Hussein doit sa défaite au fait qu’il ne possédait par l’arme nucléaire. « La guerre en Irak est une leçon qui nous apprend qu’il est nécessaire de posséder un important pouvoir de dissuasion », déclarait un porte-parole des Affaires étrangères un mois après l’attaque de l’Irak. Aujourd’hui, le Nord posséderait « environ six bombes », estimait récemment le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed el-Baradei. Selon les experts, ce développement n’aurait pas été possible sans l’aide de Abdul Qadeer Khan, père de la bombe pakistanaise, qui a reconnu avoir vendu ses connaissances. C’est justement le Pakistan qui pourrait bien être le modèle de la Corée du Nord. Comme Pyongyang, Islamabad a répondu à une menace extérieure en se nucléarisant. Washington menace la Corée du Nord d’être mise au ban des nations mais nombreux sont les observateurs qui soulignent que la Chine, elle, continuerait à aider le régime.
La volonté de Pyongyang de se doter de l’arme nucléaire puise son origine dans la guerre de Corée (1950-1953), où les États-Unis ont menacé à plusieurs reprises de larguer la bombe, de quoi provoquer une paranoïa encore accrue par l’invasion de l’Irak. Les Coréens du Nord baignent dès leur berceau dans la propagande du régime stalinien leur assénant que l’Amérique impérialiste a pour seul but d’annihiler le paradis des ouvriers par une frappe nucléaire. Leurs voisins du Sud eux-mêmes, pourtant alliés des États-Unis, craignent également une attaque américaine sur le Nord. « Vous pouvez donc vous imaginer que les Coréens du Nord s’inquiètent dix fois plus », explique Peter Beck, de l’International Crisis Group, groupe de réflexion indépendant.
La guerre de Corée achevée, Pyongyang a tenu à se...