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Les experts hésitent sur le sens à donner aux attaques

Les experts s’interrogent sur les nouvelles attaques de Londres, hésitant entre des explosifs ayant fait long feu, l’œuvre d’admirateurs des kamikazes du 7 juillet ou guerre des nerfs délibérée. Tous les observateurs, et sans doute tous les Londoniens, ont également relevé des similitudes trop claires pour être fortuites. Les nouveaux attentats ont eu lieu deux semaines jour pour jour après les premiers. Comme les précédents, ils ont été presque simultanés. Ils ont aussi visé trois stations de métro et un bus, et étaient dirigés vers les quatre points cardinaux de la ville, suivant le dessin d’une croix. Enfin, alors que les attaques du 7 juillet avaient eu lieu au moment même où s’ouvrait le sommet du G8 à Gleneagles (Écosse), celles d’hier se sont produites alors que le Premier ministre Tony Blair recevait son homologue australien John Howard, un dirigeant allié de la guerre en Irak. C’est leur bilan qui différencie tragiquement les attentats d’hier et ceux d’il y a deux semaines : 56 morts et 700 blessés le 7 juillet, contre 1 blessé hier. L’explication serait que, cette fois, seuls les détonateurs ont explosé. Les témoins des dernières attaques ont décrit « des bruits sourds » habituels dans l’explosion de détonateurs, estime Andy Oppenheimer, expert en explosifs de la revue Jane’s. « Cela ressemble à une tentative pour perturber les transports, comme l’IRA (Armée républicaine irlandaise) en pratiquait à son époque », explique-t-il. Le fait que les quatre attentats aient eu le même déroulement — un flop apparent — renforce cette hypothèse. Pour Andy Oppenheimer, « nous avons affaire à une organisation qui veut faire peur aux gens. Créer le chaos et perturber l’économie paraissent des objectifs très importants pour eux ». Le chef de Scotland Yard a pourtant affirmé en fin de journée que les nouveaux attentats avaient été conçus pour tuer. « Il se peut que quelque chose n’ait pas marché au moment de les faire sauter, ce qui arrive assez souvent », a estimé le spécialiste du terrorisme David Capitanchik. Cet expert mettait toutefois hier les policiers en garde contre la possibilité plus machiavélique de minibombes destinées à attirer la police et les secours sur les lieux de l’incident, avant qu’un engin plus puissant n’explose. Ce risque déjà observé ailleurs dans le monde ne s’est, à l’évidence, pas réalisé hier. Et les dispositifs que la police a retrouvés – certains parfaitement intacts – pourraient en fait aider l’enquête sur les attentats du 7 juillet. Les enquêteurs « vont pouvoir faire beaucoup de choses en termes d’empreintes digitales, d’empreintes ADN, sur l’origine des détonateurs et le lieu d’achat des sacs », a estimé Paul Rogers, de l’université de Bradford. Toutes ces preuves nouvelles pourront cependant être de peu d’utilité aux enquêteurs si les auteurs des attentats d’hier s’avèrent non pas les militants aguerris d’une deuxième cellule, mais de parfaits inconnus enthousiasmés par l’exemple des « martyrs » du 7 juillet. Ce scénario de pieds nickelés du terrorisme paraît crédible à Crispin Black, un ancien responsable des services de renseignements britanniques. « Cela pourrait être, a-t-il déclaré, une espèce de réplique singeant ce qui s’est passé il y a deux semaines, sans utiliser la puissance d’explosifs mais en obtenant tout de même l’effet de chaos et de peur que l’on constate. »

Les experts s’interrogent sur les nouvelles attaques de Londres, hésitant entre des explosifs ayant fait long feu, l’œuvre d’admirateurs des kamikazes du 7 juillet ou guerre des nerfs délibérée. Tous les observateurs, et sans doute tous les Londoniens, ont également relevé des similitudes trop claires pour être fortuites.
Les nouveaux attentats ont eu lieu deux semaines jour pour jour après les premiers. Comme les précédents, ils ont été presque simultanés. Ils ont aussi visé trois stations de métro et un bus, et étaient dirigés vers les quatre points cardinaux de la ville, suivant le dessin d’une croix.
Enfin, alors que les attaques du 7 juillet avaient eu lieu au moment même où s’ouvrait le sommet du G8 à Gleneagles (Écosse), celles d’hier se sont produites alors que le Premier ministre Tony Blair...