La Chine, deuxième économie d’Asie après le Japon, a légèrement réévalué sa monnaie et abandonné son arrimage au seul dollar américain. Voici la brève histoire d’une « monnaie du peuple » qui fait trembler le monde.
Le yuan ou renminbi (« monnaie du peuple ») a vu le jour le 1er décembre 1948 avec la naissance de la Banque populaire de Chine. Après la victoire des communistes fin 1949, le taux est de 600 yuans pour un dollar.
Entre 1953 et 1972, dans une économie centralisée et planifiée à la soviétique, la monnaie est fixée à 2,42 yuans pour un dollar, un niveau artificiel. À cette époque, les pays industrialisés utilisent aussi un taux fixe.
Après le choc pétrolier de 1973, les pays développés adoptent un système de change flottant. Dans le même temps, la Chine accroche de manière non officielle sa monnaie à un panier de devises afin d’éviter les trop grandes fluctuations.
De 2,46 yuans pour un dollar en 1973, la monnaie chinoise fait un bond à 1,50 yuan le billet vert en 1980.
Avec l’ouverture et la libéralisation progressive de l’économie dans les années 1980, la Chine instaure un système dual : le renminbi est utilisé par les Chinois tandis que les étrangers utilisent les Foreign Exchange Certificates (FEC).
En 1984, le yuan est dévalué, passant à 2,30 pour un dollar contre 1,50. Ce taux encore artificiel entraîne un énorme marché noir des devises.
La Chine opère une nouvelle dévaluation brutale en 1993, le dollar vaut alors 5,8 yuans.
L’année suivante, le pays adopte ce qu’il appelle un « taux de change flottant contrôlé » plus conforme avec la réalité du marché. 8,7 yuans valent alors un dollar.
Fin 1996, la devise chinoise s’apprécie à 8,3 yuans le billet vert. Depuis 1997, le taux évolue dans une bande très étroite autour de 8,28. Cette parité quasi fixe a permis à la Chine de ne pas être affectée par la crise financière asiatique en 1997/98.
À l’admiration mondiale qu’a suscité cette résistance ont succédé depuis 2002 des critiques sur une sous-évaluation du yuan, notamment aux États-Unis où beaucoup estiment que ce taux procure un avantage commercial indu à la Chine. Pékin admet que la situation ne peut durer éternellement, mais avance à son rythme. Enfin, le yuan est devenu depuis 1996 partiellement convertible sur les comptes courants. Plus récemment, certaines entreprises chinoises opérant à l’étranger ont été autorisées à acheter des quantités limitées de devises.
Le gouvernement s’est fixé pour objectif une convertibilité totale à terme, mais tarde à franchir le pas, en raison de la fragilité du secteur bancaire et pour se prémunir contre les mouvements spéculatifs.
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