Les sorties de la semaine
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k k The Jacket,
de John Maybury
Thriller psychologique par excellence, The Jacket mêle également voyage dans le temps, meurtre, mystère, folie humaine et surréalisme. Bien que souvent trop tiré par les cheveux, le film parvient néanmoins à capter l’attention du spectateur. Un spectateur qui perçoit le monde à travers les yeux du personnage principal et qui devient du coup aussi confus et effrayé que lui.
Si l’histoire singulière ne séduira certainement pas tout le monde, le cinéaste réussit cependant à perturber l’audience, à l’arracher de sa bulle confortable pour la jeter dans un monde aussi déroutant que dérangeant. Construit autour de flash-back, de bons dans le passé et dans le futur, The Jacket demande non seulement un certain travail de la part du public mais également une certaine tolérance face à une intrigue singulière. Une fois l’histoire acceptée, le spectateur pourra alors apprécier à sa juste valeur l’univers volontairement confus, effrayant et tendu du film. Dérivé (en mieux) de The Butterfly Effect, The Jacket suit la vie de Jack Starks, soldat rescapé de la guerre du Golfe. De retour au Vermont, il est accusé de meurtre puis enfermé dans un hôpital où on le soumet à d’horribles expériences. Ces dernières lui permettent cependant de voyager dans le temps et de « diriger » sa vie.
L’ambiance macabre, les effets de caméra et les images gênantes contribuent à insuffler au film une ambiance excessivement sombre. Cet univers étrange gagne également en crédibilité et en intérêt grâce aux qualités d’acteurs d’Adrien Brody et de Keira Knightley.
Pour les aficionados du genre.
Espace, Freeway, Circuit
Empire- sauf Sofil et St-Élie
k k Madagascar,
d’Eric Darnell et Tom McGrath
Après Shrek 1 et 2 et Shark Tale, les studios DreamWorks présentent un nouveau film d’animation aussi réjouissant que rafraîchissant. Si l’esprit provocateur de l’ogre vert est cette fois moins palpable, Madagascar défend néanmoins des qualités fort honorables. L’équipe du film a tout misé sur les personnages : une bande d’animaux qui vivent dans le zoo de New York et qui se retrouvent catapulter dans la jungle de Madagascar.
Intelligemment pensées, les bébêtes défendent chacune un trait de caractère aussi différent qu’attachant : une girafe hypocondriaque, un zèbre idéaliste en pleine crise de « la dizaine », un lion égocentrique et un hippopotame au grand cœur. Ce quatuor de choc, rehaussé par de célèbres voix américaines (David Schwimmer, Ben Stiller, Chris Rock et Jada Pinkett Smith), constitue la véritable attraction du film. Les paysages de la terre vierge sont certes éblouissants de couleurs et de beauté, mais ils ne détrônent pas la singularité des animaux. L’équipe a effectivement associé les nouvelles technologies d’animation à l’esprit des anciens dessins animés des années 30-40. L’aspect physique des vedettes animalières est donc un mélange de 3D et de 2D. Résultat : des corps volontairement disproportionnés, des formes anguleuses, des silhouettes stylisées. Cela n’empêche pas pour autant les studios DreamWorks d’exceller dans la précision des détails et dans le réalisme (à voir l’excellent travail par ordinateur sur la crinière du lion). En plus d’une gestuelle et de mimiques rigolotes, les quadrupèdes offrent des gags à la pelle et défendent un humour au second degré ainsi que des références pop modernes à destination du public adulte (clins d’œil à American Beauty, National Geographic, etc.).
Tout cela, associé à un rythme énergique, des répliques percutantes et une ambiance aussi énergique que joyeuse, fait de Madagascar un film d’animation agréablement réjouissant.
Circuit Empire,
Kaslik, Freeway
k Herbie: Fully Loaded,
d’Angela Robinson
La légendaire voiture automobile plus connue sous le nom de Herbie (coccinelle) revient sur nos écrans après 25 ans d’absence. Pour ce nouveau volet, les studios Disney ont choisi de maintenir l’esprit propre à la saga. La célèbre « Beetle » n’est donc pas troquée contre le modèle 2005. Seule véritable nouveauté (outre les effets spéciaux), le conducteur du bolide est cette fois une conductrice. Lindsay Lohan, jeune égérie des studios Disney et des prépubères américains, campe le rôle de Maggie Peyton. La fraîcheur et la jeunesse de l’actrice participent d’ailleurs à égayer ce produit recyclé.
Herbie : Fully Loaded reste malgré tout essentiellement destiné aux enfants. Les adultes auront certainement un peu de mal à supporter les bons vieux messages moralisateurs « à la Disney ».
Concorde, Abraj, Zouk
Paroles dE cinéma
Caméra rapprochée
Adrien Brody, un acteur qui a de la gueule
Outre ses indéniables talents d’acteur, Adrien Brody se démarque de cette masse homogène « made in Hollywood » (à savoir le petit minois parfait et le corps athlétique) de par son physique extrêmement atypique. Expressif au possible, son visage hors norme, à mi-chemin entre la beauté et la laideur, lui a effectivement permis de coller à l’esprit de certains films indépendants (The Last Time I Committed Suicide, de Stephen Kay) et de camper des personnages éclectiques : un délinquant dans King of the Hill de Steven Soderbergh, un musicien punk dans Summer of Sam de Spike Lee, un étudiant juif dans Liberty Heights de Barry Levinson ou encore un syndicaliste dans Bread and Roses de Ken Loach.
Sa filmographie se révèle très tôt aussi singulière qu’honorable, mais la consécration arrive en 2003 avec The Pianist de Roman Polanski, dans lequel l’acteur joue le rôle du musicien virtuose Wladyslaw Szpilman, juif polonais enfermé dans le ghetto de Varsovie durant la Seconde Guerre mondiale. Sa prestation sobre et émouvante lui vaut l’Oscar et le César du meilleur acteur et fait de lui un des comédiens les plus sollicités d’Hollywood. S’orientant alors vers une carrière plus grand public, il tourne en 2004 les thrillers fantastiques The Village de Shyamalan et The Jacket (actuellement en salles). L’acteur a également été choisi pour incarner le héros de King Kong dans la nouvelle version, signée Peter Jackson.
D.D.
En gros plan
Grands classiques et films maudits
Est-ce l’indigence de la production hollywoodienne actuelle – qui provoque la baisse alarmante du box-office aux USA –, est-ce (aussi) le désir de revoir, ou de découvrir, des grands films dans les meilleures conditions techniques? Toujours est-il que des classiques du septième art sont au programme de nombreuses salles. On peut citer, par exemple, les deux films de Michael Cimino, The Deer Hunter (78) et Heaven’s Gate (80), ainsi que, côté italien, le chef-d’œuvre de Luchino Visconti, Le guépard. En France, le cas du film de Jacques Tati, Mon oncle, est particulier: une version anglaise avait été tournée, à l’origine (en 58), à l’intention du public américain.
Existe-t-il vraiment des films «maudits»? Bien sûr, comme il existe des œuvres maudites en littérature, en peinture, en musique et dans les autres arts. Concernant le cinéma, et pour s’en tenir à la France, un exemple fulgurant s’impose d’évidence. À savoir le film de Léos Carax, Les amants du Pont-Neuf (avec Juliette Binoche et Denis Lavant), sorti en 91, après avoir affronté les pires difficultés au niveau de la production et du tournage. Une histoire d’amour fou, provocante jusqu’au délire, vouée au désespoir et à la mort. Un éclat brillant comme un diamant dans la nuit des souvenirs.
J.-P. GOUX-PELLETAN
À propos de violence
Vu dimanche soir, pour se changer les idées… Sin City. Outre de très belles images, un « traité » particulier, une ambiance qui a certainement ses inconditionnels et des acteurs génialement méconnaissables, c’est le moins que l’on puisse dire, ce film est un exercice de style dont le thème principal serait la violence dans toute sa subtilité. Ou comment être encore plus violent que violent. À chacun son sens de l’humour, il est vrai, et son seuil de tolérance. Toujours est-il que, et c’est l’avis de tous, ce film en noir et blanc, surtout très noir, est à déconseiller, voire interdire aux enfants. Or on ne trouve nulle part indications ou autres avis mettant en garde les parents. Ceux-là mêmes qui ont déjà beaucoup de mal à montrer à leur progéniture que le monde n’est pas seulement fait de pédophiles, de criminels, de salops et de putes. Et leur promettre, un jour, un monde meilleur.
Ce n’est pourtant pas War of the Worlds de Spielberg qui confirmera qu’il existe, ce monde meilleur... Encore une ivresse d’images au service d’une folie devenue ordinaire. Et une orgie d’effets techniques qui flatte la violence et la banalise. On en vient à regretter le Spielberg de Close Encounters of the Third Kind qui donnait des extraterrestres une image amicale et attendrissante. Comme le regard qu’il portait alors sur le monde.
Avec tout ce talent et ces moyens, on rêverait qu’il transmette encore une fois à ses spectateurs un message différent, comme autrefois, quand il y croyait.
Le cinéma, pour faire rêver ???? Pas sûr…
Carla HENOUD
DYMA DEMIRDJIAN
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