Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Le départ annoncé de Saleh accueilli avec scepticisme au Yémen

L’annonce faite dimanche par le chef de l’État yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 27 ans, de ne pas briguer l’an prochain un nouveau mandat présidentiel – fait rare dans le monde arabe – a été accueillie avec scepticisme dans les milieux politiques au Yémen. Le Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir, qui se réunira en congrès en novembre, va désigner de nouveau M. Saleh son « candidat à la présidentielle de septembre » 2006, a affirmé le vice-président Abd Rabbou Mansour Hadi, au lendemain de l’annonce du chef de l’État. « Je ne serai pas candidat à la prochaine élection présidentielle devant avoir lieu en septembre 2006 », a pourtant déclaré M. Saleh lors d’une cérémonie commémorant dimanche sa première élection à la présidence en 1978, ajoutant qu’il voulait ainsi promouvoir « un transfert pacifique du pouvoir ». Cette déclaration, inattendue, a été une surprise pour l’ensemble de la classe politique au Yémen, l’unique république dans la péninsule Arabique, devenue, dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, un allié des États-Unis qui font de la démocratie un leitmotiv de leur politique arabe. « Cela relève d’une campagne électorale avant l’heure », a estimé Ali al-Sarrari, dirigeant du Parti socialiste yéménite (PSY - opposition), ajoutant s’attendre à ce que « le président Saleh se porte candidat à la prochaine présidentielle, sans concurrent (...) comme en 1999 ». « S’il décide effectivement de renoncer au pouvoir, il va le céder à son fils, Ahmed », a déclaré M. Sarrari. Malgré des démentis répétés du chef de l’État, la rumeur circule au Yémen selon laquelle le lieutenant-colonel Ahmad Ali Abdallah Saleh, 36 ans, commandant de la garde républicaine et des forces spéciales de la lutte antiterroriste, lui succéderait à la tête de l’État. La prudence est de mise dans le camp du parti al-Islah, le principal mouvement de l’opposition islamiste au Yémen. « Ce qui a été annoncé a constitué un choc pour les forces politiques », a déclaré le chef du département politique de ce parti, Mohammed Qahtane. « (Le président Saleh) a été clair et sérieux (...) et il revient à toutes les forces politiques et sociales d’examiner son approche avec un haut sens de responsabilité », a-t-il ajouté sans pronostiquer sur une éventuelle présence ou pas de l’actuel chef de l’État dans la course au prochain scrutin présidentiel. Un autre dirigeant de l’opposition a estimé, lui aussi, que l’annonce de M. Saleh « n’est pas définitive ». « En annonçant sa décision de ne plus se représenter, le président jette la balle dans le camp de l’opposition pour qu’elle participe efficacement au processus de changement dont le pays a besoin », a ajouté Mohammed Yahia Sabri, dirigeant du Mouvement unioniste nassérien, un parti d’opposition panarabe. Se disant réservé sur toute initiative tendant à « brûler les étapes » dans le processus politique au Yémen, il a estimé que son pays « a besoin d’un programme de réformes administratives, politiques et structurelles et d’un changement des mentalités (...) pour que le changement se fasse sans accroc ». « La décision du président Saleh est courageuse, mais ses conséquences pourraient être néfastes en l’absence de conditions propices pour qu’un transfert du pouvoir se fasse pacifiquement », dit Moufid, un étudiant, résumant l’état d’esprit de nombreux jeunes au Yémen. Élu en 1978, président de l’ancien Yémen du Nord qu’il a continué à diriger jusqu’à sa réunification avec le Yémen du Sud en mai 1990, M. Saleh est à la tête de l’État, après avoir remporté la guerre civile en 1994 contre des « sécessionnistes » sudistes, puis le premier scrutin présidentiel organisé au suffrage universel organisé en septembre 1999. Hammoud MOUNASSAR (AFP)
L’annonce faite dimanche par le chef de l’État yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 27 ans, de ne pas briguer l’an prochain un nouveau mandat présidentiel – fait rare dans le monde arabe – a été accueillie avec scepticisme dans les milieux politiques au Yémen.
Le Congrès populaire général (CPG), le parti au pouvoir, qui se réunira en congrès en novembre, va désigner de nouveau M. Saleh son « candidat à la présidentielle de septembre » 2006, a affirmé le vice-président Abd Rabbou Mansour Hadi, au lendemain de l’annonce du chef de l’État. « Je ne serai pas candidat à la prochaine élection présidentielle devant avoir lieu en septembre 2006 », a pourtant déclaré M. Saleh lors d’une cérémonie commémorant dimanche sa première élection à la présidence en 1978, ajoutant qu’il voulait...