Le général Michel Aoun a accusé hier le Premier ministre désigné, Fouad Siniora, de ne pas respecter l’avis du chef de l’État dans ses efforts pour former un nouveau gouvernement, et de ne pas avoir respecté non plus les accords qu’il avait passés avec lui.
Le président de la République a le droit de modifier la composition du gouvernement qui lui est proposée, a déclaré en substance le général Aoun, qui a présidé une réunion de son bloc parlementaire. Et de préciser : « Il (le président de la République) participe à la formation du gouvernement et a le droit d’y apporter des amendements. Il a aussi le droit de présenter son propre projet au chef du gouvernement. Mais le Premier ministre désigné n’a pas respecté le chef de l’État, même dans la forme. La présidence de la République est une fonction, indépendamment de la personne qui l’occupe, qu’elle soit du goût de M. Siniora ou pas. M. Siniora doit respecter les usages et les formes », a dit le général Aoun.
Selon le général Aoun, le chef de l’État et le patriarche maronite tiennent à ce qu’il soit représenté au sein du gouvernement en cours de formation. « Leurs responsabilités sont différentes de celles d’un bloc parlementaire, a dit le général Aoun, ils ont le souci de la représentativité et de la convivialité. À mon sens, il y a entre moi et la majorité parlementaire un conflit de mentalités. La majorité se comporte comme si le Liban est une société anonyme. Ils ont exploité la saison des élections, et continueront leur exploitation quatre ans durant pour rentrer dans leurs frais. J’agis, pour ma part, avec la mentalité de l’État. »
Par ailleurs, le général Aoun a reproché au Premier ministre désigné de chercher à se dérober à ses responsabilités en retardant la formation du gouvernement.
Sur ses rapports futurs avec M. Samir Geagea, le général Aoun a affirmé : « Nous avons convenu de dépasser les événements de 1990. Il ne faut pas s’y arrêter, mais regarder vers l’avenir. Mais il ne faut pas les oublier, au contraire, mais laisser à l’histoire le soin de se prononcer à ce sujet, loin des polémiques. Mais que nous soyons en désaccord ou en accord, tout sera fait dans un esprit démocratique. » Notons qu’après le vote de la loi d’amnistie en faveur de M. Geagea, le général Aoun est entré en contact par téléphone avec Mme Sethrida Geagea afin de la féliciter.
Signalons, enfin, que le général Aoun a reçu hier l’ambassadeur de Grande-Bretagne, M. James Watt.
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