Les rues, gares et stations de métro de Londres sont filmées par un réseau de caméras de surveillance d’une extraordinaire densité, qui pourrait fournir aux enquêteurs des indices cruciaux dans l’enquête sur les attentats de jeudi dernier.
Depuis des années, la capitale britannique (suivie par plus de 160 villes du pays) s’est équipée de l’un des plus performants systèmes de surveillance vidéo au monde, baptisé « caméras de TV en circuit fermé » (CCTV), qui a permis à plusieurs reprises à la police de repérer et d’identifier les auteurs de crimes ou d’attentats.
Jeudi, juste après les explosions, des enquêteurs ont saisi, auprès de la mairie de Londres, des milliers de vidéocassettes et d’enregistrements digitaux qu’ils ont commencé à visionner, image par image. « Il y a un grand nombre de cassettes CCTV que nous devons saisir et examiner », a indiqué Andy Hayman, le chef de la branche antiterroriste de Scotland Yard. Brian Paddick, de la police de Londres, a ajouté : « Nous avons remporté dans le passé des succès considérables en utilisant les images des circuits fermés pour repérer les mouvements de personnes impliquées dans des crimes. Ce sera une de nos premières priorités. »
Avec environ 1 400 caméras, dont certaines à haute définition, installées dans les stations et les couloirs du métro, quelque 8 000 à bord des bus et des centaines de milliers dans les rues et espaces publics de Londres, il y a toutes les chances qu’un ou plusieurs terroristes aient été filmés.
Selon une récente étude universitaire, qui estimait à environ sept millions le nombre de caméras de surveillance en activité en Grande-Bretagne, chaque Londonien était capturé en moyenne 300 fois par jour par un objectif.
« Le système CCTV peut avoir une importance énorme dans le déroulement de l’enquête », confie à l’AFP Peter Fry, directeur du « CCTV User Group », qui rassemble quelque 700 municipalités, universités, centres commerciaux utilisant les CCTV. « Dans l’affaire de l’attentat contre le pub Admiral Duncan (commis par un néonazi à Londres en 1999), la police a commencé par saisir les enregistrements du quartier. Ils ont repéré un gars avec un sac bleu, comme celui dans lequel était la bombe, puis peu après sans le sac bleu. Ils ont examiné les bandes des caméras du métro et sont tombés sur une image de son visage d’une très bonne qualité. Ils ont diffusé son visage à la télévision, et des gens l’ont reconnu. »
Le nombre exact de caméras de surveillance, à Londres et dans le reste du pays, est impossible à connaître et les chiffres varient d’une source à l’autre, ajoute Peter Fry, parce que de nombreux systèmes privés ont été installés, qui ne sont pas officiellement décomptés mais dont les images peuvent être saisies sur simple demande par la police.
Les premières caméras, qui filmaient en noir et blanc, ont été installées en 1961 dans le métro de Londres. Aujourd’hui, de nouveaux systèmes viennent sans cesse améliorer les performances, comme des logiciels de lecture des mots sur les lèvres, de reconnaissance faciale ou de détection de comportements suspects, comme par exemple prendre un couloir à contresens ou abandonner un objet qui, restant immobile pendant plusieurs minutes, va déclencher une alerte.
Michel MOUTOT (AFP)
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Depuis des années, la capitale britannique (suivie par plus de 160 villes du pays) s’est équipée de l’un des plus performants systèmes de surveillance vidéo au monde, baptisé « caméras de TV en circuit fermé » (CCTV), qui a permis à plusieurs reprises à la police de repérer et d’identifier les auteurs de crimes ou d’attentats.
Jeudi, juste après les explosions, des enquêteurs ont saisi, auprès de la mairie de Londres, des milliers de vidéocassettes et d’enregistrements digitaux qu’ils ont commencé à visionner, image par image. « Il y a un grand nombre de...