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Du statut de sanctuaire islamiste à celui de cible

Les spécialistes français du terrorisme privilégiaient hier la piste islamiste dans les attentats de Londres, au cœur d’une Grande-Bretagne longtemps épargnée par ce type de terrorisme. Un pays qui a désormais basculé du statut de sanctuaire à celui de cible. Dans l’état des informations parcellaires sur le mode opératoire des attentats meurtriers perpétrés dans les transports londoniens, les experts se montraient prudents, mais relevaient la « simultanéité » de l’opération, marque de fabrique du réseau el-Qaëda, rappelant les menaces antérieures contre la Grande-Bretagne. Dans cette hypothèse, « c’est une première en Grande-Bretagne », soulignait le chercheur Dominique Thomas, auteur d’un livre sur le « Londonistan », surnom donné à la capitale britannique en raison de la nébuleuse de groupes et opposants islamistes qui y prolifèrent. « Vu la simultanéité des attentats et le fait qu’il y ait une grande décision politique à caractère sportif et l’organisation du G8, très vraisemblablement ils relèvent de groupes islamistes », approuvait Grégoire Geiger, spécialiste de la lutte antiterroriste à l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas). Un groupe proche d’el-Qaëda a d’aileurs revendiqué les attentats hier. « La simultanéité des événements peut très certainement faire penser à ce qui s’est passé à Madrid », a-t-il ajouté, en référence aux attentats commis le 11 mars 2004 dans quatre trains et qui avaient fait 191 morts, revendiqués par el-Qaëda. « Après Madrid, il s’est passé de longs mois sans que des opérations aient lieu et el-Qaëda a besoin d’exister en frappant de cette façon, en ayant tous les projecteurs braqués sur la Grande-Bretagne », a expliqué Louis Caprioli, ancien responsable de la lutte contre le terrorisme international à la Direction de la surveillance du territoire (DST, contre-espionnage). Selon les experts, plusieurs raisons peuvent expliquer le choix de Londres, comme son alignement sur les États-Unis en Irak, le procès du prédicateur islamiste radical Abou Hamza, la récente décision britannique d’extrader vers la France l’Algérien Rachid Ramda, soupçonné d’avoir financé les attentats de 1995 à Paris. En revanche, pour eux, l’attribution mercredi des Jeux olympiques de 2012 à Londres ne peut être l’explication. « Je ne pense pas que la logistique des mouvements islamistes leur permette de préparer des attentats à loisir », a indiqué M. Geiger, écartant l’idée de projets simultanés dans chacune des villes candidates aux JO. Selon Dominique Thomas, « l’engagement de Londres dans la politique américaine fait que la Grande-Bretagne est une cible ». À la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, « il n’y a plus de gentlemen’s agreement entre la police britannique et les mouvements islamistes », a-t-il rappelé, avant d’ajouter : « Ça fait longtemps que le Londonistan n’est plus un sanctuaire. » Mais « la répression a provoqué des phénomènes de clandestinité », qui compliquent la surveillance des islamistes, a-t-il estimé.

Les spécialistes français du terrorisme privilégiaient hier la piste islamiste dans les attentats de Londres, au cœur d’une Grande-Bretagne longtemps épargnée par ce type de terrorisme. Un pays qui a désormais basculé du statut de sanctuaire à celui de cible.
Dans l’état des informations parcellaires sur le mode opératoire des attentats meurtriers perpétrés dans les transports londoniens, les experts se montraient prudents, mais relevaient la « simultanéité » de l’opération, marque de fabrique du réseau el-Qaëda, rappelant les menaces antérieures contre la Grande-Bretagne.
Dans cette hypothèse, « c’est une première en Grande-Bretagne », soulignait le chercheur Dominique Thomas, auteur d’un livre sur le « Londonistan », surnom donné à la capitale britannique en raison de la nébuleuse de groupes...