L’euro est revenu à ses niveaux de la veille face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, après avoir d’abord profité des attentats terroristes de Londres qui avaient entraîné le sterling et le billet vert à la baisse. Dans la foulée de ces attentats meurtriers, les marchés avaient réagi en se reportant sur des valeurs refuge comme l’or ou le franc suisse. Les opérateurs, ayant en tête les attentats du 11 septembre 2001 à New York et leurs effets, ont donc retiré leurs billes. Mais la situation ne tardait pas à se stabiliser ensuite après que le secrétaire américain au Trésor, John Snow, eut rassuré les investisseurs en indiquant que son département « surveille de près les marchés financiers internationaux » et qu’il est en contact avec « les responsables financiers mondiaux ». De son côté, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a fait savoir que « les marchés continuent à fonctionner normalement » après les attentats à Londres et qu’une action concertée avec les autres banques centrales n’était pas nécessaire pour l’instant. Et d’ajouter que les autorités monétaires des deux côtés de l’Atlantique restaient vigilantes et « prêtes à réagir » si besoin, comme elles l’avaient fait après les attentats du 11 septembre à New York. Compte tenu de toutes ces considérations, et eu égard aussi au maintien par la Banque d’Angleterre et par la BCE de leurs taux directeurs en l’état, à 4,75 % et à 2 % respectivement, à l’issue de la réunion de leurs comités de politique monétaire hier, le calme devait revenir sur les marchés. Mais il n’en demeure pas moins que certains investisseurs, en attendant de savoir plus sur l’impact économique de ces attentats, se sont reportés sur les devises qui bénéficient traditionnellement de l’aversion au risque, dont surtout le franc suisse. Cela étant, les opérateurs se sont montrés très hésitants sur le front de l’euro, le négociant finalement à New York à 1,1940 $, après 1,2045 $ dans la matinée, contre 1,1930 $ la veille, soit sans grand changement d’un jour à l’autre.
L’assurance et l’aviation les plus touchées
La Bourse américaine est parvenue à limiter ses pertes, le marché ne devant pas chuter pendant une période prolongée hier après le choc initial des attentats de Londres. De l’avis unanime des analystes, l’impact de ces attentats, comme ceux de Madrid en mars 2004, devrait être relativement mineur sur l’économie américaine, car celle-ci est sur une voie de croissance solide. Toutefois, les valeurs aériennes ont piqué du nez en réaction à ces attentats qui pourraient nuire au tourisme et au trafic aérien. Cela d’autant que les investisseurs venaient d’apprendre que les demandes d’allocations chômage aux États-Unis ont augmenté de 7 000 la semaine dernière pour totaliser 319 000 suite à des suppressions d’emplois entraînées par un début de ralentissement conjoncturel.
Les Bourses européennes se sont inscrites en baisse hier, plombées par les attentats terroristes de Londres. Et malgré les déclarations rassurantes d’économistes, qui ne voient qu’un effet limité sur la conjoncture mondiale, les opérateurs ont estimé devoir rester très prudents. Les valeurs de l’assurance, de l’aviation et du tourisme ont été les plus touchées. Les pétrolières, comme Total, Shell, BP, ont également souffert de la baisse des prix du brut après la hausse des stocks américains la semaine dernière.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A et B de Solidere ont bénéficié de quelques achats à bon compte, les portant de 12,63 $ à 12,70 $ et de 12,39 $ à 12,51 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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