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La Ville lumière déjà olympique en 1900 et 1924

1900 : dans l’ombre de l’Exposition universelle Imaginant une fête grandiose dans son pays, Pierre de Coubertin, le président du CIO, se montre déçu par les deuxièmes Jeux olympiques dont il a obtenu l’organisation à Paris, malgré l’insistance de la Grèce pour en être le site permanent. Cette année-là, Paris ne vit qu’à l’heure de l’Exposition universelle. Alors que le baron voulait se servir de l’événement comme tremplin, cette deuxième édition va porter un coup très dur aux JO. Sans cérémonie d’ouverture ni de clôture, les Jeux s’éternisent du 20 mai au 28 octobre, dans l’indifférence et la confusion, aux quatre coins de la capitale française et du pays. Coubertin dira plus tard : « C’est miracle que le mouvement olympique ait survécu à ces Jeux. » S’exprimant dans des installations de fortune, un millier de concurrents environ, issus d’une vingtaine de nations, s’opposent dans 17 sports (18 disciplines). Certains sports sont ouverts aux femmes, notamment le tennis et le golf. Ainsi, l’Anglaise Charlotte Cooper devient la première championne olympique en s’imposant en simple et en double mixte en tennis. La vedette de ces Jeux sera l’Américain Alvin Kraenzlein. En athlétisme, il remporte quatre titres individuels, un record qui sera difficile à égaler. Kraenzlein s’est imposé à la longueur, aux 60 m, 110 m haies et 200 m haies. Cependant les sportifs français font la loi à Paris en glanant 96 places d’honneur, dont 26 victoires. Mais, à l’instar de Kraenzlein, les Américains, une fois encore, dominent l’athlétisme. Ces Jeux n’offrent ni faste ni éclat. Ils se terminent comme ils ont vécu : sans panache. Avec l’espoir que Saint Louis (Missouri) leur rendra un peu de prestige en 1904. 1924 : les Jeux du rachat Après les difficultés rencontrées lors de la précédente édition parisienne, en 1900, la baron Pierre de Coubertin milite en faveur de la candidature de Paris. Son vœu sera exaucé. La désignation de la capitale française ne s’est pas faite sans discussions. Le souvenir du rendez-vous de 1900 a refroidi bien des membres du CIO qui penchent plutôt pour Amsterdam ou Los Angeles. À 61 ans, le baron vit ses derniers JO à la tête du CIO, qu’il quitte l’année suivante pour la céder au comte belge Henri de Baillet-Latour. Un événement majeur marque cette olympiade : le CIO décide de créer des Jeux d’hiver à partir de 1924 et Chamonix (Alpes françaises) devient le site de ces premiers Jeux. Paris offre aux quelque 3 000 athlètes venus de 44 pays des installations fonctionnelles dont le premier village olympique, un stade de 60 000 places, à Colombes, et la première véritable piscine olympique. Avec 99 médailles, dont 45 d’or, les Américains sortent grands vainqueurs. Mais l’exploit de ces Jeux est accompli par un Finlandais. Paavo Nurmi remporte cinq épreuves en athlétisme (1 500 m, 5000 m, 3 000 m par équipes, cross-country individuel et par équipes). Autres figures marquantes : le sprinteur anglais Harold Abrahams et le nageur américain Johnny Weissmuller qui deviendra au cinéma le célèbre Tarzan. Derrière les États-Unis, la France (38, 13 en or) et la Finlande (37, 14 en or) se disputent les accessits. Ces Jeux ont levé le voile sur plusieurs « premières ». La devise « Citius, altius, fortius » du révérend père Didon apparaît. Autre innovation : lors de la cérémonie de clôture, trois drapeaux sont hissés, celui du CIO, celui de la ville hôte et enfin celui de la ville qui accueille les prochains JO. L’absence du public et les difficultés – notamment financières – à monter l’événement ne doivent pas faire oublier que ces Jeux ont été une réussite sportive.
1900 : dans l’ombre de l’Exposition universelle
Imaginant une fête grandiose dans son pays, Pierre de Coubertin, le président du CIO, se montre déçu par les deuxièmes Jeux olympiques dont il a obtenu l’organisation à Paris, malgré l’insistance de la Grèce pour en être le site permanent.
Cette année-là, Paris ne vit qu’à l’heure de l’Exposition universelle. Alors que le baron voulait se servir de l’événement comme tremplin, cette deuxième édition va porter un coup très dur aux JO. Sans cérémonie d’ouverture ni de clôture, les Jeux s’éternisent du 20 mai au 28 octobre, dans l’indifférence et la confusion, aux quatre coins de la capitale française et du pays. Coubertin dira plus tard : « C’est miracle que le mouvement olympique ait survécu à ces Jeux. »
S’exprimant dans des...