POLITIQUES MONÉTAIRES
La BCE, sourde aux pressions,
optera pour le statu quo
le 06 juillet 2005 à 00h00
Soucieuse de son indépendance, la Banque centrale européenne (BCE) devrait laisser ses taux d’intérêt inchangés demain, résistant aux pressions politiques en faveur d’une détente monétaire et d’un dialogue plus nourri avec les gouvernements de la zone euro.
Mais pour nombre d’analystes et de responsables politiques, la BCE ne pourra pas refuser indéfiniment une coopération accrue avec les capitales des Douze en matière de politique économique, sous peine de voir la confiance dans l’euro s’éroder.
Pour le métallurgiste licencié ou le diplômé sans travail, la stabilité des prix et la crédibilité de la monnaie unique ne signifient pas grand-chose, ont souligné lundi des élus du Parlement européen, qui recevaient Jean-Claude Trichet, le président de la Banque.
Jean-Claude Trichet a répliqué en répétant une nouvelle fois que l’Union monétaire avait permis de stabiliser l’inflation autour de 2 % et d’assurer les taux d’intérêt les plus bas depuis 100 ans.
Mais ce double avantage n’empêche ni la persistance d’une croissance faible et d’un chômage élevé ni l’émergence de critiques sur les différences entre pays membres de la zone euro en matière de croissance et d’inflation.
Le tabou
de la stabilité des prix
Le mandat de la BCE est le maintien de la stabilité des prix, qu’elle définit par un taux d’inflation des prix de détail très légèrement inférieur à 2 %. Le niveau des taux directeurs doit permettre le respect de ce mandat, quelles que soient les pressions politiques subies par la Banque centrale.
La BCE ne peut donc soutenir la croissance qu’à condition de ne pas mettre en péril la stabilité des prix. Une condition qui n’a pas empêché, ces dernières semaines, des dirigeants politiques de plusieurs pays de la zone euro de plaider pour une baisse des taux sans prendre en compte les risques inflationnistes.
La réunion de politique monétaire de demain ne devrait donc donner lieu à aucun signe montrant que la BCE prend en compte les appels des politiques. Trichet n’a pas nié lundi les incertitudes qui pèsent sur l’économie des Douze, notamment en raison de la hausse des cours du pétrole. Mais il a souligné la nécessité de la « vigilance » pour prévenir les risques inflationnistes, un discours qui marque bien la réticence de la BCE à abaisser ses taux.
Soucieuse de son indépendance, la Banque centrale européenne (BCE) devrait laisser ses taux d’intérêt inchangés demain, résistant aux pressions politiques en faveur d’une détente monétaire et d’un dialogue plus nourri avec les gouvernements de la zone euro.
Mais pour nombre d’analystes et de responsables politiques, la BCE ne pourra pas refuser indéfiniment une coopération accrue avec les capitales des Douze en matière de politique économique, sous peine de voir la confiance dans l’euro s’éroder.
Pour le métallurgiste licencié ou le diplômé sans travail, la stabilité des prix et la crédibilité de la monnaie unique ne signifient pas grand-chose, ont souligné lundi des élus du Parlement européen, qui recevaient Jean-Claude Trichet, le président de la Banque.
Jean-Claude Trichet a répliqué en...
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