Malgré le rythme échevelé de la croissance chinoise, la demande de pétrole de l’ex-Empire du Milieu accuse une forte baisse au vu des dernières statistiques.
Mais cette contradiction est peut-être due à des données inexactes, et les analystes pensent qu’elle se résoudra par une flambée de la consommation pétrolière en fin d’année.
La Chine, où l’industrie est en plein boom, notamment dans des secteurs comme l’acier et l’aluminium, consomme beaucoup plus d’énergie que nombre de pays occidentaux où, avec l’affaiblissement de l’industrie lourde, la demande de pétrole vient davantage des consommateurs que des industriels.
La production industrielle chinoise ayant augmenté de 16,6 % au cours des douze mois à fin mai – pour une croissance globale du PIB aux alentours de 10 % –, son appétit de brut et autres produits liés à l’or noir devrait exploser. Or, d’après les statistiques, il n’en est rien.
La demande de pétrole a augmenté de seulement 3 % dans le même temps, à partir des calculs que l’on peut faire entre la production pétrolière et les importations. Même les économistes les plus conservateurs qui tablent sur une expansion de 7 % en rythme annuel auront besoin de voir se matérialiser un énorme rebond au second semestre pour que leurs prévisions se réalisent.
« Quelque chose ne va pas. Ou bien les chiffres de la demande pétrolière sont faux, ou les indicateurs économiques sont faux , résume Will Davie, économiste à la société de conseil Simmons and Co. Pour moi, ce sont les chiffres de la demande pétrolière
au premier et au deuxième trimestre qui sont sous-évalués. »
L’un des facteurs importants qui cache la demande est la limitation des prix de détail par les autorités. Ainsi, les prix à la pompe du diesel et de l’essence ont augmenté de 8 % depuis août dernier, alors que les cours du pétrole brut ont bondi d’un tiers dans le même temps. On a pu faire état de pénuries isolées et de files d’attente dans le sud du pays où, en raison de la réticence des raffineurs à vendre à perte, les commerçants indépendants ont du mal à approvisionner leurs rayons.
« Mettons que la politique des prix ne crée pas de pénuries, mais elle rend à tout le moins le diesel plus difficile à obtenir. Cela crée des files d’attente », estime Jeff Brown, qui étudie la demande pour l’Agence internationale de l’énergie.
Le gouvernement chinois a mis en place cette politique des prix parce qu’il craint que des tarifs élevés des produits énergétiques ne déclenche un phénomène d’inflation qui, à son tour, susciterait des mouvements sociaux. Mais si les pénuries devaient s’étendre, le gouvernement pourrait être contraint d’aligner les prix sur ceux des marchés mondiaux, ce qui permettrait à la demande contenue de s’exprimer.
« Le marché anticipe une hausse de 10 % de la demande au second semestre (...) Or, cela est impossible, sauf à ce que les prix de détail augmentent nettement plus », estime Deborah White chez SG Commodities.
Même chose pour les centrales électriques dans le sud du pays, notamment dans la région de Canton : elle souffrent des
limitations des tarifs de l’électricité imposées par les pouvoirs publics.
Nombre de ces centrales sont passées en période de « maintenance » élargie ou ont refusé d’activer des générateurs d’appoint destinés à faire face à la demande estivale, rapportent les spécialistes du secteur, ce qui a ramené les importations de fioul en mai à leur niveau d’il y a deux ans.
Ces mesures pourraient exacerber la forte pénurie d’électricité attendue pour cet été, et inciter par ricochet industriels et consommateurs à acquérir des générateurs individuels au diesel, ce qui fut l’un des principaux facteurs du bond de la demande l’an dernier.
Le mystère autour des stocks de pétrole chinois ajoute à la confusion. Contrairement aux États-Unis, où l’agence de statistiques du ministère de l’Énergie publie chaque semaine l’état des stocks de brut et de produits raffinés, la Chine et ses raffineurs restent bouche cousue sur l’état de leurs réserves.
Ce qui signifie que le ralentissement apparent de la demande, mesuré par les importations et la production sans tenir compte des variations de stocks, pourrait être tout simplement le résultat du déstockage des raffineurs et des distributeurs – et donc de la réduction des besoins importés –, alors que la demande, elle, resterait stable.
Dans le secteur, on dit que ce n’est pas le cas actuellement. Mais si les stocks sont bas, il faudra les reconstituer à un moment ou à un autre cette année... D’où le rebond attendu.
La fiabilité des statistiques elles-mêmes reste sujette à caution. Face à une telle incertitude pour chiffrer la demande pétrolière, les analystes accordent pour l’instant aux indicateurs économiques le bénéfice du doute. Mais si les chiffres du pétrole devaient rester pâles quelques mois encore, il faudra alors se poser la question de la vigueur de la croissance économique chinoise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Malgré le rythme échevelé de la croissance chinoise, la demande de pétrole de l’ex-Empire du Milieu accuse une forte baisse au vu des dernières statistiques.
Mais cette contradiction est peut-être due à des données inexactes, et les analystes pensent qu’elle se résoudra par une flambée de la consommation pétrolière en fin d’année.
La Chine, où l’industrie est en plein boom, notamment dans des secteurs comme l’acier et l’aluminium, consomme beaucoup plus d’énergie que nombre de pays occidentaux où, avec l’affaiblissement de l’industrie lourde, la demande de pétrole vient davantage des consommateurs que des industriels.
La production industrielle chinoise ayant augmenté de 16,6 % au cours des douze mois à fin mai – pour une croissance globale du PIB aux alentours de 10 % –, son appétit de brut...