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Le Téhéran bourgeois s’inquiète…

Dans le nord de Téhéran où les magasins bon chic bon genre de marques étrangères jouxtent les fast-foods, les jeunes filles et garçons n’en mènent pas large après la victoire de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidentielle. Les foulards de toutes les couleurs, les mollets nus exposés par les jeunes filles à la mode et les tee-shirts moulants des jeunes garçons sont le signe de la libéralisation des dernières années sous la présidence du réformateur Mohammed Khatami. Mais samedi après-midi, les potins se mêlent aux discussions sur l’événement du jour : la victoire de M. Ahmadinejad qui pourrait remettre en cause ces acquis. Les collaborateurs du maire de Téhéran ont tenté de briser l’image de l’« extrémiste » qui veut remettre en cause les libertés et imposer la ségrégation entre filles et garçons. Mais ils doivent travailler dur pour convaincre les jeunes Iraniens qui se retrouvent au restaurant Jam-Jam pour flirter. « Je suis très inquiète. Ils ne remettront peut-être pas la pression sur les femmes dès demain mais, après-demain, ils commenceront à les ramener à ce à quoi elles ressemblaient auparavant », déclare Shahrzad, une jeune Iranienne qui porte des habits chic et un foulard chamarré mis très loin en arrière sur la chevelure. « C’est la dernière fois que nous pouvons sortir ensemble », se plaint Ali Reza Yazdgerd, un jeune de 20 ans aux cheveux sculptés par le gel. « Nous devrons couper nos cheveux, cesser d’aller dans des soirées, de faire du ski et même d’aller dans les cafés », ajoute-t-il. Arash, venu déjeuner avec un groupe d’amis, est horrifié lorsqu’il apprend le résultat de l’élection. « Quelle catastrophe ! Il va imposer la culture des martyrs. Même s’il est lui-même honnête, son entourage ne l’est pas », affirme-t-il. Portant le traditionnel tchador, Zahra espère que son choix personnel de porter ce type de voile ne sera pas imposé à toutes les femmes. « Je n’aime aucun des candidats, mais j’espère qu’Ahmadinejad fera preuve de tolérance. J’ai fait le choix personnel du voile et j’espère que les autres auront la même liberté », ajoute-t-elle. Mais beaucoup sont préoccupés par la réputation de rigorisme religieux que traîne le maire de Téhéran. « Je suis inquiète car les femmes ne seront plus jamais à l’aise », déclare Sheida, venu faire ses emplettes au bazar de Tajrish. « J’ai acheté ce manteau mais je ne sais pas si je pourrais le porter tellement il est court », dit-elle en fouinant nerveusement dans son sac. Le nord de Téhéran est peuplé en partie de riches Iraniens vivant à l’occidentale. Farhad, qui gère une petit magasin avec des vêtements de marque occidentale jusqu’au plafond, ne cache pas sa préoccupation. « Je suis très inquiet pour mon affaire. J’ai peur qu’ils nous imposent une nouvelle directive annonçant que nous ne sommes pas autorisés à vendre des vêtements trop moulants anti-islamiques », dit-il. Certains espèrent quand même que les rumeurs sur le compte de M. Ahmadinejad ne sont pas vraies. « Nous avons entendu que de mauvaises choses sont en préparation, mais nous espérons que cela ne se produira pas », dit Azadeh Mohebi, 17 ans. « Rien ne peut arrêter les gens. Ils vont essayer de le faire, mais ils n’y parviendront pas », présage-t-il.

Dans le nord de Téhéran où les magasins bon chic bon genre de marques étrangères jouxtent les fast-foods, les jeunes filles et garçons n’en mènent pas large après la victoire de l’ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad à la présidentielle.
Les foulards de toutes les couleurs, les mollets nus exposés par les jeunes filles à la mode et les tee-shirts moulants des jeunes garçons sont le signe de la libéralisation des dernières années sous la présidence du réformateur Mohammed Khatami.
Mais samedi après-midi, les potins se mêlent aux discussions sur l’événement du jour : la victoire de M. Ahmadinejad qui pourrait remettre en cause ces acquis.
Les collaborateurs du maire de Téhéran ont tenté de briser l’image de l’« extrémiste » qui veut remettre en cause les libertés et imposer la ségrégation...