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La perspective d’une détente entre Téhéran et Washington semble s’éloigner

L’élection à la présidence iranienne de Mahmoud Ahmadinejad a durablement éloigné la perspective d’une détente entre Washington et Téhéran, estiment diplomates et analystes. Dès sa première conférence de presse, Mahmoud Ahmadinejad, qui prise la traditionnelle rhétorique de la République islamique sur ses « ennemis », a expliqué que son pays n’avait « pas vraiment besoin » d’établir des liens avec Washington, cohérent avec son rejet de ce qu’il a décrit comme des « relations imposées ». Le candidat battu Akbar Hachémi Rafsandjani avait entrouvert la porte à des discussions avec les États-Unis. « La décision sur une question comme celle-là est du ressort du guide » suprême Ali Khamenei, explique Amir Mohebian, analyste politique du quotidien conservateur Ressalat. « Si, et au moment où le régime estime qu’il est temps de renouer des liens, le président fait bien sûr partie des quelques personnes qui ont leur mot à dire », poursuit-il. Cependant, M. Rafsandjani avait « un pouvoir de persuasion sur le guide et était un partisan d’un tel rapprochement, ce que M. Ahmadinejad n’est pas », constate M. Mohebian. Les liens entre les deux pays ont été rompus en 1980 quand des étudiants iraniens avaient gardé en otages durant 444 jours 52 Américains dans l’ambassade des États-Unis à Téhéran. L’Iran est soumis par Washington à un gel de ses avoirs financiers et à un embargo économique. Le président américain George W. Bush a placé l’Iran sur son « axe du mal » et l’accuse de soutenir le terrorisme international, de chercher à déstabiliser la région, et le soupçonne de vouloir se doter de l’arme atomique. Il avait critiqué en termes très durs les conditions du scrutin. Samedi, Mahmoud Ahmadinejad avait commenté ainsi l’élection présidentielle : « Dans l’âpre guerre psychologique en cours, (l’Iran) a mis échec et mat tous ses ennemis par sa large participation. » Les Iraniens « ont profondément humilié (leur) ennemi », a renchéri Ali Khamenei. Et même si Téhéran revenait à de meilleurs sentiments, il n’est pas certain que la réciproque sera exacte, jugent des diplomates. M. Ahmadinejad est un ancien officier de l’armée idéologique du régime, les gardiens de la révolution. Or, relève une source diplomatique, « sur leurs missiles, les gardiens de la révolution inscrivent : “Nous effacerons Israël de la carte.” Ce ne sont pas vraiment le genre de personnes à qui les Américains souhaitent parler ». Selon les diplomates, même si M. Rafsandjani exigeait que les Américains fassent le premier pas, sa victoire aurait laissé entrevoir l’espoir d’une normalisation. L’humiliante défaite de M. Rafsandjani, dont beaucoup faisaient avant le scrutin le n° 2 du régime, en tant que président du Conseil de discernement, a sans doute affaibli son influence supposée.

L’élection à la présidence iranienne de Mahmoud Ahmadinejad a durablement éloigné la perspective d’une détente entre Washington et Téhéran, estiment diplomates et analystes. Dès sa première conférence de presse, Mahmoud Ahmadinejad, qui prise la traditionnelle rhétorique de la République islamique sur ses « ennemis », a expliqué que son pays n’avait « pas vraiment besoin » d’établir des liens avec Washington, cohérent avec son rejet de ce qu’il a décrit comme des « relations imposées ». Le candidat battu Akbar Hachémi Rafsandjani avait entrouvert la porte à des discussions avec les États-Unis. « La décision sur une question comme celle-là est du ressort du guide » suprême Ali Khamenei, explique Amir Mohebian, analyste politique du quotidien conservateur Ressalat. « Si, et au moment où le...