Terjé Roed-Larsen sera samedi à Damas. Pour l’heure, il se trouve au Danemark où il dirige une conférence de l’Académie de la paix qui relève de l’Onu. Dans une dépêche adressée au palais Bustros, la délégation libanaise au palais de verre a confirmé hier que Kofi Annan a demandé à son représentant spécial pour la mise en œuvre de la 1559 d’aller s’entretenir avec le président syrien Bachar el-Assad. Le but de cette démarche est encore gardé secret. Mais la motivation est relative à l’assassinat de Samir Kassir. En effet, lundi, le porte-parole de l’Onu, Stéphane Dujarric, a indiqué qu’à la suite de ce crime, fermement condamné par le secrétaire général, des discussions avaient eu lieu entre les responsables onusiens. Il a ajouté que le secrétaire général « s’attend à ce que les Nations unies et le gouvernement syrien continuent à travailler étroitement ensemble pour assurer la pleine application de la résolution 1559 ». C’est bien là que réside le mystère : en effet la commission de vérification de l’Onu a officiellement homologué le retrait militaire syrien total du Liban. Donc en principe Damas n’est plus concerné, toujours officiellement, par la 1559. C’est-à-dire qu’il n’a pas à être relancé pour les clauses restantes, le désarmement du Hezbollah et des Palestiniens. Sauf que, nuance importante, cette même commission de contrôle avait précisé qu’il n’était matériellement pas possible d’établir avec certitude le départ des services de renseignements syriens dont l’action est par nature clandestine.
Quoi qu’il en soit, des sources citées par notre correspondant diplomatique Khalil Fleyhane indiquent que Terjé Roed-Larsen, qui va donc voir Assad, pourrait faire un crochet par Beyrouth, bien qu’il n’ait pas reçu de directives dans ce sens. Ces sources rappellent que lui-même avait antérieurement indiqué ne pas programmer de visite à Damas avant la fin des élections libanaises. Mais c’était avant l’assassinat de Samir Kassir, qui met les Nations unies en émoi. En effet, ces sources ajoutent que les délégués américains et français ont reçu de leurs gouvernements respectifs des instructions d’entreprendre sans tarder des contacts avec les autres membres du Conseil de sécurité en vue d’un texte sévère relatif à l’assassinat de Samir Kassir. Une résolution, ou une déclaration, qui devrait réitérer la détermination du conseil à suivre de près l’application de la 1559. Et d’une manière plus générale, l’évolution au Liban, afin d’étouffer dans l’œuf les tentatives de multiplier les attentats et les assassinats dans ce pays. Dans ce climat, les sources n’excluent donc pas que la mission de Roed-Larsen soit en rapport direct avec l’assassinat de Samir Kassir, qui porte un coup à la stabilité de ce pays.L’objectif politique pouvant être de montrer que désormais le Liban, surtout après l’assassinat du président Hariri comme de Samir Kassir, est sous la protection du Conseil de sécurité. Parallèlement, indique encore Khalil Fleyhane, les autorités françaises ont convoqué l’ambassadrice libanaise Sylvie Fadlallah pour lui communiquer leur sévère condamnation de l’assassinat de Kassir, qui avait également la nationalité française, et demander l’identification rapide des coupables.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Terjé Roed-Larsen sera samedi à Damas. Pour l’heure, il se trouve au Danemark où il dirige une conférence de l’Académie de la paix qui relève de l’Onu. Dans une dépêche adressée au palais Bustros, la délégation libanaise au palais de verre a confirmé hier que Kofi Annan a demandé à son représentant spécial pour la mise en œuvre de la 1559 d’aller s’entretenir avec le président syrien Bachar el-Assad. Le but de cette démarche est encore gardé secret. Mais la motivation est relative à l’assassinat de Samir Kassir. En effet, lundi, le porte-parole de l’Onu, Stéphane Dujarric, a indiqué qu’à la suite de ce crime, fermement condamné par le secrétaire général, des discussions avaient eu lieu entre les responsables onusiens. Il a ajouté que le secrétaire général « s’attend à ce que les Nations...