Les médias de Londres, Madrid, Bruxelles, Berlin Athènes, Prague ou Moscou ont mobilisé une armée d’envoyés spéciaux pour couvrir le référendum français sur la Constitution européenne qui faisait l’ouverture des journaux télévisés et radios en Europe à la mi-journée.
« Le jour du jugement de l’Europe », dramatisait la chaîne de télévision publique grecque Net en ouverture de journal à midi, alors que le journal allemand conservateur Welt am Sonntag tempérait : les « annonces de la mort de l’Europe sont très exagérées ».
En Grande-Bretagne, où le tabloïde populaire The Sun a appelé samedi les Français à voter « Non, Non, Non, Non, Non », le référendum était la principale information du week-end pour la BBC, qui a entamé la journée par un reportage dans un café français à Londres et multiplie les micros-trottoirs à Paris. La BBC a montré en direct le vote du président français Jacques Chirac. La chaîne d’information Sky News consacrait au scrutin la couverture quasi continue réservée aux grands événements. Experts et témoins se succédaient sur un plateau installé à Paris avec Adam Boulton, la vedette du service politique, où est notamment passé l’ancien ministre socialiste Jack Lang, habitué des médias britanniques.
En Espagne, premier pays européen à avoir ratifié la Constitution européenne par référendum, et dont le chef du gouvernement, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero, s’est fortement impliqué en France auprès des partisans du « oui », l’intérêt médiatique était également intense. « L’Europe retient son souffle devant la menace du « non » en France », titrait en une le premier quotidien El Pais (centre gauche). Dès l’ouverture des bureaux de vote, les envoyés spéciaux de la radio nationale ou de la privée Cadena Ser sont intervenus en direct « depuis la rue Montorgueil au cœur de Paris ».
La chaîne d’information en continu CNN+ assurait une couverture presque non-stop et annonçait une émission spéciale pour la soirée. Elle diffusait des interviews d’hommes politiques français comme Bernard Kouchner ou de la présentatrice vedette de la chaîne française TF1, Claire Chazal, pour tenter d’expliquer les doutes français à des Espagnols résolument europhiles. En Allemagne et en Belgique, pays fondateurs de l’Union européenne comme la France, le référendum arrivait également en début de journal télévisé mais sans dramatisation à outrance.
La chaîne publique allemande ARD, évoquant une « élection décisive », a tourné le matin dans les rues vides de la capitale française et interviewé quelques partisans du « oui » devant les bureaux de vote, dont l’un assurait : « Cela peut devenir un oui, on peut avoir des surprises. » « L’Europe observe la France », soulignait sans plus le Tagesspiegel de Berlin (centre gauche) dans son édition dominicale.
En Belgique, le vote français arrivait en tête des titres du journal de la mi-journée de la chaîne privée RTL-TVI (francophone), mais passait après les sujets sur l’actualité belge, hors sport et culture.
La chaîne y a consacré environ 6 minutes sur 25 minutes de journal, avec micro-trottoir au lycée français de Bruxelles, images du vote de Chirac en Corrèze, et reportage à Sarcelles où l’envoyé spécial de la chaîne a suivi l’ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn.
À l’Est, la radio publique tchèque CRo 1 évoquait « un référendum-clé », et soulignait « l’intérêt sans précédent » des Français. « Plus de 40 millions de Français décident de la Constitution européenne », notait la radio.
En Russie, il n’y avait pas de journaux. Mais le correspondant de la chaîne NTV soulignait en direct depuis Paris l’issue incertaine du vote malgré les sondages prédisant une victoire du « non ». Beaucoup de supermarchés sont restés ouverts et offrent des remises de 15 %, « apparemment pour encourager les gens à rester en ville » et voter, soulignait le journaliste russe, s’amusant d’une méthode un peu soviétique à ses yeux.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les médias de Londres, Madrid, Bruxelles, Berlin Athènes, Prague ou Moscou ont mobilisé une armée d’envoyés spéciaux pour couvrir le référendum français sur la Constitution européenne qui faisait l’ouverture des journaux télévisés et radios en Europe à la mi-journée.
« Le jour du jugement de l’Europe », dramatisait la chaîne de télévision publique grecque Net en ouverture de journal à midi, alors que le journal allemand conservateur Welt am Sonntag tempérait : les « annonces de la mort de l’Europe sont très exagérées ».
En Grande-Bretagne, où le tabloïde populaire The Sun a appelé samedi les Français à voter « Non, Non, Non, Non, Non », le référendum était la principale information du week-end pour la BBC, qui a entamé la journée par un reportage dans un café français à Londres et...