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Actualités - Opinion

Le changement devrait devenir tangible après les élections

L’ambassadeur américain, Jeffrey Feltman, a souligné après un entretien avec le patriarche Sfeir qu’au Liban beaucoup de choses ont été certes réalisées. Mais qu’il reste beaucoup à faire, pour que les Libanais se sentent libres et en sûreté. Précisant que le processus du changement ne prend pas fin avec les élections. En réalité, c’est à ce moment-là que le changement commencerait. Par l’élection d’un nouveau chef de l’État, inspirant confiance à l’intérieur comme au-dehors. Par la mise en place d’un gouvernement d’entente nationale effective, conformément aux préceptes de Taëf. Par l’élection d’un nouveau président de la Chambre. De la sorte, on compenserait les failles évidentes de la loi électorale 2000. Quels que soient les résultats des élections, l’important c’est que la volonté de changement du peuple libanais se réalise. Même si toutes ses composantes ne sont pas équitablement représentées au Parlement. Un signal fort, au niveau du symbole, serait donné par l’avènement d’un nouveau président de la République. Augurant d’un pouvoir fort, assaini, résolu à éradiquer la corruption et le clientélisme. En engageant un programme de réforme administrative, financière et politique. Pour l’édification d’un État de droit et de justice. La première mission du prochain gouvernement devrait être de s’atteler à l’élaboration d’une loi électorale sensée, matrice de toute démocratie consensuelle. Pour que tous les Libanais soient représentés et participent comme un seul homme à l’effort de redressement national. Pour rester dans l’esprit du pacte fondateur de Taëf, cette loi devrait se fonder sur le mohafazat. Mais, comme le prévoit le pacte, après avoir redécoupé les districts, c’est-à-dire après avoir multiplié le nombre de mohafazats. Afin de se rapprocher de la petite circonscription qui assure une vraie représentation de proximité. Tout en gardant de la marge pour consolider la coexistence. Les possibilités pratiques sont nombreuses. Certains proposent ainsi la circonscription uninominale, ce qui entraînerait sans doute une modification du nombre de députés. D’autres, la proportionnelle dans de grandes circonscriptions. Des pouvoirs exceptionnels et un Sénat ? Si un pouvoir fort, fiable, était installé, le gouvernement pourrait obtenir les pouvoirs exceptionnels. Dont il aurait besoin pour engager la réforme administrative, politique, financière et judiciaire. Pour réviser la loi sur les naturalisations. Pour éliminer la corruption économique et financière qui se nourrit du confessionnalisme. Pour appliquer la décentralisation administrative. Pour mettre en place le comité national en vue de l’abrogation du confessionnalisme politique, en vue d’un État laïc et civique. Avec élection ultérieure d’un Parlement sur des bases nationales, non confessionnelles. Tandis que les communautés spirituelles resteraient représentées au sein d’un Sénat. Le plus urgent, le plus nécessaire, serait évidemment de traiter la crise socio-économique, la dette publique écrasante et le déficit budgétaire. En organisant un Paris III. Après avoir veillé à l’application des engagements pris lors de Paris II, bloquée comme on sait par les conflits entre les dirigeants. Ce qui implique une parfaite transparence dans l’utilisation des dons ou des prêts obtenus à l’étranger. Donc, la mise en place d’un barrage anticorruption. En renonçant à la règle commode qui veut que l’on ne regarde pas les fautes commises, qu’on ne demande de comptes à personne, à aucun voleur, à aucun pillard des deniers publics. Parallèlement, il faudrait initier de saines relations avec la Syrie. Avec révision des accords antérieurement conclus. Pour un partenariat fructueux, dans le respect de la souveraineté. En se révélant d’entente véritable, le prochain gouvernement ferait écho à l’esprit d’unité nationale qui a marqué la journée historique du 14 mars. Il veillerait à soutenir activement la commission d’enquête internationale sur l’assassinat du président Hariri. Et trouverait un moyen de traiter la 1559 concernant le volet du désarmement du Hezbollah et des Palestiniens, par un dialogue positif intérieur. Émile KHOURY
L’ambassadeur américain, Jeffrey Feltman, a souligné après un entretien avec le patriarche Sfeir qu’au Liban beaucoup de choses ont été certes réalisées. Mais qu’il reste beaucoup à faire, pour que les Libanais se sentent libres et en sûreté. Précisant que le processus du changement ne prend pas fin avec les élections.
En réalité, c’est à ce moment-là que le changement commencerait. Par l’élection d’un nouveau chef de l’État, inspirant confiance à l’intérieur comme au-dehors. Par la mise en place d’un gouvernement d’entente nationale effective, conformément aux préceptes de Taëf. Par l’élection d’un nouveau président de la Chambre. De la sorte, on compenserait les failles évidentes de la loi électorale 2000. Quels que soient les résultats des élections, l’important c’est que la...