Par Jihad YAZIGI
Le groupe Deiri, l’un des plus gros producteurs de FILÉS synthétiques et l’une des plus grandes entreprises privées de Syrie, a évité de justesse la faillite. Un accord a été conclu in extremis entre les principaux actionnaires du groupe, les frères Deiri, et ses créanciers.
Les informations circulaient depuis deux semaines sur l’effondrement des Deiri, dont les dettes représentent plus de 9,5 milliards de livres syriennes (180 millions de dollars). Toute la communauté d’affaires d’Alep en était secouée. Le groupe possède pourtant l’une des usines de fabrication de FILÉS les plus modernes du Moyen-Orient. Sa production approvisionne près de la moitié du marché local. Il emploie quelque 1 500 personnes.
Les rumeurs de faillite ont commencé fin avril à Alep, certains créanciers rapportant que leur client leur faisait défaut. En quelques jours, « l’affaire Deiri » est devenue le principal sujet de conversation de la ville, ce qui a obligé les ministres de l’Économie et de l’Industrie de se rendre à Alep pour faire nommer un administrateur judiciaire. Le nom de l’ancien Premier ministre Moustapha Miro a figuré un temps parmi la liste des créanciers du groupe, parmi d’autres personnalités, mais l’information a été démentie. Selon Ghassan Krayem, le président de la Chambre d’industrie d’Alep, tous les principaux créanciers appartiennent à la communauté d’affaires alépine.
Plusieurs raisons expliquent les déboires des Deiri. Hausse du prix des matières premières, fermeture du débouché irakien et rétention injustifiée par la Banque commerciale de Syrie de gros montants dus au groupe par des clients irakiens.
Mais ce sont les taux d’intérêts exorbitants qui sont le facteur principal de sa chute. Ils atteignent parfois le niveau des 40 % par an. L’accès au crédit est en effet particulièrement difficile en Syrie, en raison de la situation déplorable du secteur bancaire. Pour se financer, les entreprises privées sont obligées de recourir à des prêteurs qui pratiquent des taux usuraires. Une part importante de la dette des Deiri est due au cumul des intérêts impayés.
Au début des années 1990, Alep avait déjà été le théâtre de plusieurs affaires de faillites retentissantes de prêteurs individuels qui avaient amassé des fortunes en offrant des rémunérations annuelles de 25 %. Des milliers de petits épargnants ont été ruinés.
Le comité de six personnes qui a été créé sur ordre de l’administrateur judiciaire après l’intervention des autorités a, en dernier recours, trouvé une issue à la crise. Dirigé par Mohammad Saleh al-Mallah, président de la Chambre de commerce d’Alep, le comité a conclu un accord le 10 mai. En pratique, toutes les créances sont transformées en actions de la société, auxquelles s’ajoutent les biens personnels de la famille Deiri.
En coopération avec : The Syria report
Le groupe Deiri, l’un des plus gros producteurs de FILÉS synthétiques et l’une des plus grandes entreprises privées de Syrie, a évité de justesse la faillite. Un accord a été conclu in extremis entre les principaux actionnaires du groupe, les frères Deiri, et ses créanciers.
Les informations circulaient depuis deux semaines sur l’effondrement des Deiri, dont les dettes représentent plus de 9,5 milliards de livres syriennes (180 millions de dollars). Toute la communauté d’affaires d’Alep en était secouée. Le groupe possède pourtant l’une des usines de fabrication de FILÉS les plus modernes du Moyen-Orient. Sa production approvisionne près de la moitié du marché local. Il emploie quelque 1 500 personnes.
Les rumeurs de faillite ont commencé fin avril à Alep, certains créanciers...
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