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Le prince « détestait les béni-oui-oui »

Du prince Rainier, qu’il côtoya tout au long de sa vie, René Croesi, 66 ans, conserve le souvenir d’un souverain accessible mais direct qui « détestait les béni-oui-oui ». « J’avais 12 ans lorsque je l’ai rencontré la première fois en colonie de vacances dans les Alpes », raconte M. Croesi, l’ancien directeur de l’Orchestre de Monaco, dont la famille est implantée sur le Rocher depuis le XVIIe siècle. « Le prince Rainier avait alors une vingtaine d’années. Il était venu participer aux excursions. Un garçon s’est fait piquer par une vipère. Le prince a incisé la plaie avec son canif. Cela m’a marqué », se souvient-il. Sa deuxième rencontre avec le prince, devenu souverain en 1949, eut lieu en 1962 à son retour en principauté, peu après avoir achevé ses études au Conservatoire de Paris. Depuis cette date, leur amitié ne s’est pas démentie. « En 1974, le prince voulait un festival du cirque. Certains ont pensé qu’il était fou et que c’était incongru à Monaco. On a contacté les familles de cirque une par une. Et ça a marché », dit-il. Fasciné par « ce rond de lumière où l’on ne peut pas tricher », Rainier a toujours choyé « son » festival devenu international et incontournable dans la vie du Rocher. Nommé directeur adjoint de l’orchestre en 1962, M. Croesi en prend les rênes en 1978. Spectateur assidu, le prince Rainier – fan de Yehudi Menuhin et de Mstislav Rostropovitch – est de tous les concerts. Il veille aussi au confort de ses troupes musicales: « Un jour il m’a dit: le concert était très bien mais vous devriez acheter une nouvelle chaise à votre harpiste », plaisante M. Croesi. Généreux avec les siens, Rainier était réputé pour envoyer un cadeau à chaque naissance ou un mot de condoléances pour les dècès. Mais il abhorrait les courtisans. « Il était accessible et très direct. Il n’aimait pas les béni-oui-oui », souligne M. Croesi. « Je l’ai vu s’énerver une fois contre quelqu’un. La personne était en larmes », raconte-t-il. Aujourd’hui, il rend à son souverain un dernier hommage qu’il souhaite « simple et discret ». Au lendemain du décès, il avait adressé un petit mot au nouveau prince, Albert II, qu’il connut bambin. Dans sa missive, il l’exhortait à ne pas « s’abîmer dans la peine parce que le prince Rainier ne l’aurait pas voulu ».
Du prince Rainier, qu’il côtoya tout au long de sa vie, René Croesi, 66 ans, conserve le souvenir d’un souverain accessible mais direct qui « détestait les béni-oui-oui ». « J’avais 12 ans lorsque je l’ai rencontré la première fois en colonie de vacances dans les Alpes », raconte M. Croesi, l’ancien directeur de l’Orchestre de Monaco, dont la famille est implantée sur le Rocher depuis le XVIIe siècle. « Le prince Rainier avait alors une vingtaine d’années. Il était venu participer aux excursions. Un garçon s’est fait piquer par une vipère. Le prince a incisé la plaie avec son canif. Cela m’a marqué », se souvient-il. Sa deuxième rencontre avec le prince, devenu souverain en 1949, eut lieu en 1962 à son retour en principauté, peu après avoir achevé ses études au Conservatoire de Paris. Depuis...