«Pourquoi faut-il se souvenir ? Et comment ? Quel est le rôle du travail de mémoire pour l’avenir des libanais ? » Le Comité Mémoire pour l’avenir répondra à ces trois questions, lors d’une table ronde qui sera organisée à l’hôtel Phoenicia, le lundi 12 avril à 18 heures. Pour un petit rappel des faits, c’est en 2000 qu’Amal Makarem, Ziyad Baroud, Ahmed Beydoun, Samir Kassir, Alexandre Najjar et Nizar Saghieh créent le comité Mémoire pour l’avenir. Le premier du genre à mener une croisade pour « clarifier le passé, éclairer le présent et ouvrir la voie à la reconstruction de la paix ». Parrainé par la Suisse, le groupe organise un colloque international dont les actes ont été édités par Dar an-Nahar, en 2002, et ouvre le débat « pour favoriser une réflexion susceptible de déterminer dans quelle mesure le travail de mémoire pourrait aider les Libanais à surmonter la période 1975-1990 ». En 2003, en collaboration avec l’Union européenne, Mémoire pour l’avenir récidive et lance la campagne « comprendre la guerre » organisée à partir des questions posées par les universitaires. Le comité qui regroupe aujourd’hui un grand nombre d’écrivains, d’historiens, de journalistes, de juristes, de politologues et de sociologues planche depuis 2003 sur plusieurs projets : la création d’un « centre pour la mémoire » dont la priorité serait de recueillir la mémoire vivante des témoins mais aussi les documents écrits et audiovisuels, la formation d’« une commission pour la justice » chargée de faire des recommandations au gouvernement en faveur d’une double action, restauratrice et préventive, et sur un « Mémorial de la guerre » symbole des souffrances communes des Libanais.
Pour en savoir plus, rendez-vous le 12 avril à l’hôtel Phoenicia.
Lutter contre l’amnésie...
avec Umam D&R
« Une mémoire assumée, susceptible d’être débattue pacifiquement peut mener à une vraie réconciliation nationale », déclarent pour leur part les cofondateurs d’Umam D&R (documentation et recherches), Jihane Sfeir-Khayat, historienne, Tristan Khayat, journaliste, Lokman et Monika Slim, réalisateurs, producteurs et auteurs du documentaire Massacre qui vient de remporter le prestigieux prix Fipresci à la Berlinale 2005. Umam D&R, société civile fondée en 2004, cherche à lutter contre « l’amnésie concernant la guerre qui a ravagé le Liban ». Elle a pour objectif de « valoriser par tous les moyens, collecte de documents et organisation d’événements, la mémoire des guerres libanaises ». C’est d’ailleurs autour de ce thème qu’elle lancera à partir du 15 avril et jusqu’à décembre 2005 une série d’activités autour de ce thème. Afin de « confronter les mémoires », elle donnera à voir une fois par mois un film (documentaire ou de fiction) qui sera suivi d’un débat avec les réalisateurs, intellectuels, journalistes ou politologues. Les films sélectionnés concernent le Liban, l’Irak, la Palestine, l’Arménie, les Balkans, la Tchétchénie, le Cambodge, le Rwanda, l’Irlande et le Pays basque. Traitant de la violence civile, de la mémoire, de la réconciliation et du dialogue, ces films ont pour but de « confronter le public libanais à sa propre mémoire, à travers des œuvres issues de pays ayant connu ce genre d’événements tragiques ».
C’est tout d’abord un documentaire réalisé par Jocelyne Saab et Jorg Stocklin, Le Liban dans la tourmente, qui sera projeté le vendredi 15 avril, à 19 heures, au siège de Umam D&R, à Ghobeiri.
Le 18 mai, le réalisateur Suisse Samir participera au débat qui suivra la projection de son film Forget Baghdad.
Mais entre-temps, les 10, 17 et 24 avril, en collaboration avec Medico international, Umam D&R, qui cherche à initier l’échange et le dialogue, organise des ateliers pour jeunes (sur la mémoire de la guerre), animés par le journaliste photographe allemand Philippe Abresch. Avec l’Institut Goethe, le même Abresch présentera du 27 avril au 8 mai une exposition sur le thème « Baghdad stories ». À travers les images fixées sur pellicules par des jeunes Irakiens et des soldats américains à qui il avait confié des caméras jetables, l’Allemand offre l’autre face d’un pays meurtri. Pour de plus amples informations, cliquez sur www.Umam-dr.org.
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