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Actualités - Opinion

En Dents De Scie Marionnettes sur le fil

Treizième semaine de 2005 (J+48). Jamais autant sollicités, du moins depuis la fin de la guerre, que depuis trois semaines, depuis l’attentat de New Jdeidé jusqu’à celui de Broummana en passant par Kaslik et Sid el-Bauchrieh : les femmes et les hommes de la Défense civile, la Croix-Rouge, les pompiers, cavalant, magnifiés, magnifiques, par monts et par vaux, aux quatre coins du Mont-Liban, pour essayer de circoncire le plus rapidement possible tous ces feux que s’amusent à multiplier les bâtards de l’ombre contre la détermination et la rage des Libanais, plus réunis que jamais, plus soucieux que jamais de mener jusqu’au bout l’intifada pour leur indépendance, leur souveraineté, leur libre volonté, leur libre choix. Au même moment ou presque, pendant que la population défend et éteint, les prosyriens, englués sur leurs strapontins respectifs depuis des années par les bonnes grâces de Damas, jouent, jusqu’à la dernière note, leur partition politique pyromane. Non content d’avoir squatté, en tant que chef de faction politique, le siège de la deuxième présidence, Nabih Berry a profité de ce tremplin pour adresser, à des fins partisanes, voire même personnelles, un quintuple message. À la Syrie d’abord, lui promettant presque de tout faire pour compenser, sur le plan politique, son retrait militaro-sécuritaire. À l’opposition, qu’il s’est employé à diviser entre bloc Hariri et Kornet Chehwane, qu’il a mise au défi de prouver sa responsabilité dans le processus de blocage de la chose publique et qu’il veut forcer à dénaturer son identité en participant au pouvoir. Au chef de l’État ensuite, en réclamant une loi électorale basée sur le mohafazat alors qu’Émile Lahoud avait maintes fois fait état de son attachement au caza. Au peuple libanais, qui a manifesté le plus clairement possible son refus de voir Omar Karamé retourner au Sérail, qui a martelé infatigablement son besoin d’être véritablement représenté, grâce au principe du caza, au Parlement. À ce même Omar Karamé enfin, qu’il a fallu convaincre au forceps, et à qui revient l’immense honneur, selon le n° 2 de l’État, de définir la nature et le volume du cabinet à venir. Il importe peu de savoir, pour l’instant, si Nabih Berry est réellement convaincu qu’il peut freiner, tempérer, prévenir l’inéluctable érosion de la tutelle syrienne, s’il peut éviter que ne soit définitivement sciée la branche sur laquelle ses partenaires d’Aïn el-Tiné et lui-même sont assis. Il importe peu de savoir, pour l’instant, pour quelles raisons il a décidé d’infliger, en public, un retentissant camouflet au locataire de Baabda, et quelles seront les conséquences de cette initiative. Il importe peu de savoir, pour l’instant, si Nabih Berry connaît la Constitution de son pays, qui stipule que les élections parlementaires doivent avoir lieu « conformément à une nouvelle loi électorale basée sur le mohafazat (...) après une révision du partage administratif dans l’esprit et le cadre de l’unité du territoire, du peuple et des institutions », c’est-à-dire après l’entrée en vigueur de la loi sur la décentralisation. Il importe peu de savoir, pour l’instant, si Nabih Berry (et le Hezbollah), affablement secondés par les bons conseils de Damas, vont interférer dans les consultations que mènera Omar Karamé. Il est là le problème : étant donné que Nabih Berry et ses colocataires de Aïn el-Tiné ont décidé de retarder au maximum l’échéance législative en exigeant, en parfaites prima donna, la rédaction d’une nouvelle loi électorale, combien de temps faudra-t-il à l’indécollable Effendi pour former son gouvernement, lui qui a clamé sur tous les toits, jusqu’à l’extinction de voix, son refus de présider un gouvernement monochrome ? Sera-t-il réduit à prendre la tête d’une équipe de sages, lui qui a prouvé depuis novembre dernier qu’il en est atrocement dépourvu – de sagesse ? Ou prétextera-t-il encore l’irréelle nécessité, la saugrenue urgence, d’une équipe d’union nationale pour continuer à être le PM démissionnaire/désigné jusqu’en septembre 2005 ? Jean Salem est une sommité en droit constitutionnel, et pour L’Orient-Le Jour il confirme qu’il revient au chef de l’État, par les pouvoirs que lui confère son double statut de gardien de la Constitution et de garant de la continuité de la vie publique, de constater, le cas échéant, l’incapacité du PM désigné à former un cabinet, d’interpréter ce constat comme étant une marque claire et nette de défaillance, de le décharger de cette mission et d’appeler à des consultations parlementaires. Qu’il le fasse alors. Qu’il casse le fil. Même s’il en faut bien plus pour compenser la stérilité de sept années passées à Baabda. Ziyad MAKHOUL
Treizième semaine de 2005 (J+48).
Jamais autant sollicités, du moins depuis la fin de la guerre, que depuis trois semaines, depuis l’attentat de New Jdeidé jusqu’à celui de Broummana en passant par Kaslik et Sid el-Bauchrieh : les femmes et les hommes de la Défense civile, la Croix-Rouge, les pompiers, cavalant, magnifiés, magnifiques, par monts et par vaux, aux quatre coins du Mont-Liban, pour essayer de circoncire le plus rapidement possible tous ces feux que s’amusent à multiplier les bâtards de l’ombre contre la détermination et la rage des Libanais, plus réunis que jamais, plus soucieux que jamais de mener jusqu’au bout l’intifada pour leur indépendance, leur souveraineté, leur libre volonté, leur libre choix.
Au même moment ou presque, pendant que la population défend et éteint, les prosyriens,...