L’arrestation de nouveaux suspects marocains dans l’enquête sur la tuerie du 11 mars à Madrid relance les interrogations sur une « filière marocaine » du terrorisme dont les composants et les liens avec le réseau el-Qaëda restent largement mystérieux.
La police espagnole a arrêté, mercredi et jeudi, cinq nouveaux suspects, qui seraient d’origine marocaine selon la presse madrilène. Ils s’ajoutent à une liste déjà longue de huit Marocains impliqués – sur les onze personnes placées en détention provisoire dans le cadre de l’enquête en cours. Les recherches policières s’étaient rapidement orientées vers la « filière marocaine », après les attentats qui ont coûté la vie à 190 personnes le 11 mars, avec l’arrestation d’un premier groupe de cinq suspects parmi lesquels se trouvaient trois Marocains, dont Jamal Zougam, resté au cœur de l’enquête.
Les liens avérés ou supposés de ce dernier avec des extrémistes connus, dont notamment Abdelaziz Benyaïch, un Marocain incarcéré en Espagne et considéré comme proche d’el-Qaëda, ont alimenté les premiers rapprochements faits entre les attentats de Madrid et ceux de Casablanca perpétrés le 16 mai 2003.
Car le frère de Abdelaziz Benyaïch, Salaheddine, a été condamné à 20 ans de prison au Maroc pour son implication dans les attentats de Casablanca. Cependant, aucune liaison opérationnelle entre ces branches d’une « filière marocaine », représentées par les deux frères Benyaïch, n’a été révélée a ce jour.
La ville portuaire de Tanger, au nord du Maroc, est apparue au fil des enquêtes, aussi bien marocaine qu’espagnole, comme un véritable nid de terroristes, mais peu de preuves matérielles ont été mises au jour sur ces liaisons terroristes tangéroises. La liaison entre les attentats-suicide de Casablanca, qui ont fait 45 morts, et ceux de Madrid est considérée comme établie par les autorités marocaines. Elles reprochent d’ailleurs à l’Espagne de ne pas avoir suffisamment tenu compte des avertissements lancés après l’attaque de Casablanca, qui auraient pu, selon un journal marocain, faire éviter le drame de Madrid.
Le nom d’un autre homme d’origine marocaine, Abdelkrim Mejjati, est récemment apparu à l’appui du rapprochement Casablanca-Madrid, à la suite de révélations faites à la presse par des « services de sécurité » du Maroc qui n’ont pas été identifiés.
Certains commentateurs à Rabat écartent l’idée de ces liens et la vision d’une véritable « filière marocaine » structurée. La présence de nombreux Marocains dans les affaires de terrorisme international leur paraît liée simplement à l’existence d’une très forte communauté marocaine dans les pays européens où des groupes terroristes – y compris el Qaëda –, ont pu recruter des militants bien intégrés dans les pays d’accueil.
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La police espagnole a arrêté, mercredi et jeudi, cinq nouveaux suspects, qui seraient d’origine marocaine selon la presse madrilène. Ils s’ajoutent à une liste déjà longue de huit Marocains impliqués – sur les onze personnes placées en détention provisoire dans le cadre de l’enquête en cours. Les recherches policières s’étaient rapidement orientées vers la « filière marocaine », après les attentats qui ont coûté la vie à 190 personnes le 11 mars, avec l’arrestation d’un premier groupe de cinq suspects parmi lesquels se trouvaient trois...