À l’occasion de la Journée internationale du théâtre, cette fois, c’est l’Égyptienne Fathia el-Assal qui a été choisie pour lancer le message annuel. C’est sur proposition de Georgette Gébara, membre de l’Institut international du théâtre-Unesco, que cette femme, auteur de dizaines de pièces destinées tant pour les planches, la radio que la télévision de son pays, a été sélectionnée par ses pairs. À cette occasion également, tous les théâtres d’Égypte ouvrent gracieusement leurs portes au public. Nous publions ci-dessous le message de Fathia el-Assal, intitulé « Le théâtre, père des arts ».
«Le théâtre est le père de tous les arts. Cette vérité, nul ne peut la contester. C’est pourquoi je lui dédie ma première et ma dernière passion.
Je suis convaincue que l’écrivain théâtral se distingue par son sens de la noblesse humaine. Son message peut ainsi aider les gens à s’élever au-dessus d’eux-mêmes, à se libérer de tout ce qui les accable et les exploite, afin de pouvoir leur donner la possibilité d’acquérir une certaine dignité.
Pour que cet écrivain puisse mener à bien sa mission et influencer le public, il doit maîtriser son métier à fond, ainsi que le style de son expression artistique. Sans quoi son message s’éparpille au gré du vent sans laisser de traces, sans atteindre son but. Dans toute œuvre artistique, le message de l’artiste a toujours été de pair avec un sens de la justice humaine, de la maturité d’expression et de l’authenticité. Aussi, il serait erroné de croire que l’un de ces facteurs puisse prendre le dessus sur l’autre.
On dit qu’une pièce de théâtre est un art basé sur une structure solide, dénuée de superflu, ainsi que sur un dialogue stable et concis, loin de tout babillage. On dit aussi que cela est loin de s’accorder avec la nature de la femme, qui ne peut se dissocier de son moi et qui est donc incapable de s’exprimer en toute objectivité. On dit. À cela je réponds : la femme, qui durant neuf mois porte en son sein une vie nouvelle, est tout aussi capable de créer une pièce de théâtre solide et cohérente à condition, bien sûr, d’être elle-même auteur dramatique.
Heureusement, le théâtre moderne s’est libéré de ses formes traditionnelles à la suite de plusieurs vagues de renouvellement, commençées par Pirandello, Bernard Shaw, Brecht et tant d’autres qui se sont distingués grâce au théâtre de l’absurde, au théâtre du rejet et à un avant-gardisme expérimental. Il est donc très rare, de nos jours, de voir un grand dramaturge écrire une pièce de théâtre selon la formule traditionnelle ancienne.
Dans ma première pièce, Femmes sans masques, j’ai opté pour le “ théâtre à l’intérieur du théâtre ”, une formule devenue familière dans les pièces modernes. Ma pièce commençait par un cri, par une question, car je me sentais porteuse de mots enfouis en moi depuis des dizaines, voire même des centaines d’années.
Serait-il temps pour que les maux de l’enfantement, qui m’étranglaient jusqu’au plus profond de moi-même, projettent ma parole vers l’existence ? Ma parole... ma passion... mon enfance... mon enfant... J’écoute sa voix si éloignée des plaintes et des soupirs. Une voix accablée, humiliée, dont les échos se répercutent génération après génération. L’histoire humaine porte une conscience qui soulève un fardeau lourd de rejet, d’accablement et de persécution.
J’ai refusé de mettre sur papier une seule phrase sans qu’elle n’émane du plus profond de moi-même et sans qu’elle n’exprime la vérité de la femme, et de son pouvoir de donner. C’est pourquoi j’ai demandée, sous serment, à ma plume de s’arrêter d’écrire un seul mot s’il devait exprimer la faiblesse ou la frustration. Je lui ai demandée, sous serment, de ne plus m’obéir si elle me sentait devenir lâche face à la vérité. Je lui ai ensuite demandée de faire éclater au grand jour le plus grand nombre de femmes dont je partage l’existence pour me rapprocher d’elles et devenir leur porte-voix. Nous pourrions ainsi nous mettre complètement à nu les unes face aux autres, nous débarrasser de toute la rouille accumulée le long des ans et lancer notre cri de refus envers les circonstances et les situations qui nous ont privées notre potentiel humain de s’épanouir.
Enfin, je suis convaincue que le théâtre est une lumière qui éclaire la voie de l’être, une lumière qui assure la communication avec le spectateur. Cette communication crée une chaleur entre nous, que nous soyons face à la pièce écrite ou face à son interprétation sur scène.»
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À l’occasion de la Journée internationale du théâtre, cette fois, c’est l’Égyptienne Fathia el-Assal qui a été choisie pour lancer le message annuel. C’est sur proposition de Georgette Gébara, membre de l’Institut international du théâtre-Unesco, que cette femme, auteur de dizaines de pièces destinées tant pour les planches, la radio que la télévision de son pays, a été sélectionnée par ses pairs. À cette occasion également, tous les théâtres d’Égypte ouvrent gracieusement leurs portes au public. Nous publions ci-dessous le message de Fathia el-Assal, intitulé « Le théâtre, père des arts ».
«Le théâtre est le père de tous les arts. Cette vérité, nul ne peut la contester. C’est pourquoi je lui dédie ma première et ma dernière passion.
Je suis convaincue que l’écrivain théâtral se...