Le gardien de l’équipe de France Fabien Barthez, attendu de pied ferme par le public israélien, aujourd’hui à Tel-Aviv en match de qualifications au Mondial 2006, après avoir exprimé des craintes pour sa sécurité personnelle, ne brille jamais tant que lorsqu’il est sous pression.
« Vous savez, moi, je ne suis jamais vraiment serein. Je suis toujours un peu dans l’inquiétude. » Regard noir et front plus plissé que jamais, le « divin chauve » confessait jeudi dernier ses états d’âme, évoquant pêle-mêle Israël, ses démêlés avec un arbitre marocain et le foot « pourri » dans un même élan de ras-le-bol apparent.
« Cette inquiétude, avouait-il, c’est ce qui me permet d’être relâché, de rester concentré, de toujours avoir cette pression. Je ne fonctionne que par rapport à moi, peut-être parce que je suis gardien. »
La pression, Barthez a donc choisi de la mettre sur son célèbre n° 16 au stade Ramat-Gan de Tel-Aviv, dont les plus de 40 000 places seront toutes occupées mercredi soir. De ses arrêts dépendront peut-être, comme à Nicosie (2-0) en octobre, la capacité des Bleus à gagner à l’extérieur, exercice imposé pour espérer se qualifier pour le Mondial 2006.
Depuis ses déclarations à l’emporte-pièce, Barthez est, sur ce bord-ci de la Méditerranée, également au centre des conversations et des commentaires des pages sportives des quotidiens. Pour avoir clamé qu’il était « énormément inquiet » de se rendre à Tel-Aviv et qu’il aurait aimé que, comme en avril 2003 en qualifications à l’Euro 2004, le match ait lieu sur terrain neutre, le portier de l’Olympique de Marseille s’est offert une arrivée bien peu discrète.
Mais le natif de Lavelanet (Ariège), qui a appris depuis longtemps – de l’OM de Bernard Tapie au Manchester United d’Alex Ferguson – à gérer le stress, sait ce qu’il fait. Il l’a prouvé samedi face aux Suisses (0-0), où il fut plusieurs fois décisif, permettant aux Bleus de rester la seule équipe, avec la Serbie-et-Monténégro, à ne pas avoir pris de but en qualifications.
« Ce n’est pas nouveau », rappelle le sélectionneur Raymond Domenech, qui, avant le match vendredi, clamait au sujet des déclarations de son gardien n° 1 : « Il s’est simplement mis la pression pour être encore plus performant. »
« Quand je suis là, assure Barthez, c’est que je suis motivé à 300 %. Le jour où il n’y a plus l’envie, cela ne sert plus à rien de venir. »
S’il confirme mercredi qu’il est toujours ce dernier rempart quasi indispensable à l’équipe de France, Barthez, qui assure qu’il raccrochera les gants en 2006, réussira sans doute ce qu’il visait peut-être : reporter cette fameuse « pression » sur la commission de discipline de la Fédération française (FFF) qui l’entendra le 7 avril sur les accusations de crachat sur l’arbitre marocain du match amical Wydad-Marseille, le 12 février, à Casablanca.
On imagine l’embarras des juges qui, s’ils décidaient de le sanctionner lourdement, priveraient du même coup les Bleus d’une pièce maîtresse. Des Bleus qui, s’ils possèdent en Grégory Coupet plus qu’une simple doublure, n’ont pas besoin de handicap supplémentaire sur la route déjà escarpée de l’Allemagne.
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