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Actualités - Analyse

Analyse - Un sommet sans surprises ni grand débat

Le sommet arabe d’Alger s’est déroulé sans surprises ni grand débat de fond, les pays arabes ayant soigneusement évité les dossiers chauds et controversés afin de donner une impression d’unité, estiment des analystes politiques. La résolution la plus importante adoptée à Alger concerne la réactivation du plan de paix arabe, qu’Israël a « rapidement » rejeté, poussant le chef de la diplomatie jordanienne, dont le pays a été à la base de cette résolution, à exprimer ses souhaits que l’État hébreu revienne sur son rejet. D’emblée, la proposition jordanienne avait soulevé un tollé de la part de pays comme la Syrie et le Yémen qui y ont vu des tentatives de normalisation avec Israël sans que ce pays ne donne de garanties en retour. La Jordanie s’est défendue d’avoir voulu vendre une telle formule aux Arabes, affirmant qu’en présentant une résolution « concise », le royaume hachémite a voulu « simplifier » l’initiative arabe de paix et la rendre plus claire, sans entrer dans les détails. La formule retenue par les ministres des Affaires étrangères et approuvée par le sommet a réaffirmé les positions de base des Arabes, poussant un responsable israélien à dire : « Malheureusement, la Ligue arabe préfère se donner l’illusion de l’unité en surface en adoptant des résolutions, en contradiction avec toutes les avancées faites notamment par l’Égypte et la Jordanie, et qui sont totalement irrecevables. » Les réformes politiques dans le monde arabe, qui avaient fait couler beaucoup d’encre lors du précédent sommet à Tunis en 2004, n’ont presque pas été évoquées à Alger, ont indiqué à l’AFP des délégués. « Des dirigeants arabes voient dans ces réformes un danger pour la stabilité de leur régime et n’ont aucun intérêt à les précipiter », a indiqué un ancien ministre qui avait participé au sommet de Tunis. « Éviter d’entrer dans les détails des réformes politiques ou d’imposer un calendrier à ces réformes a été agréé par tous, chacun pour des raisons le concernant », a-t-il relevé. L’Irak, où les négociations pour former un nouveau gouvernement sont toujours en cours, a eu droit aux « positions de soutien classiques qui ne veulent pas dire grand-chose dans la pratique », a indiqué un expert de ce pays qui a assisté au sommet d’Alger. Le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari avait affirmé mardi à l’AFP que l’Irak allait appeler les pays arabes à « sortir de leur inertie à son égard », pour qu’ils lui fournissent « une aide claire et solide ». « L’Irak a besoin d’action de la part notamment de ses voisins, dont le laxisme constitue un danger pour sa sécurité, mais aucune discussion sérieuse à ce sujet n’a eu lieu lors de ce sommet », a relevé cet expert. « Depuis que les pays arabes ont décidé de tenir tous les ans des sommets ordinaires, ceux-ci ont perdu de leur importance », a estimé un autre analyste politique arabe. Selon lui, les sommets extraordinaires avaient l’avantage de se tenir autour « d’un dossier chaud et pour débattre de questions précises, alors que les sommets ordinaires restent ordinaires ». Randa HABIB (AFP)
Le sommet arabe d’Alger s’est déroulé sans surprises ni grand débat de fond, les pays arabes ayant soigneusement évité les dossiers chauds et controversés afin de donner une impression d’unité, estiment des analystes politiques.
La résolution la plus importante adoptée à Alger concerne la réactivation du plan de paix arabe, qu’Israël a « rapidement » rejeté, poussant le chef de la diplomatie jordanienne, dont le pays a été à la base de cette résolution, à exprimer ses souhaits que l’État hébreu revienne sur son rejet.
D’emblée, la proposition jordanienne avait soulevé un tollé de la part de pays comme la Syrie et le Yémen qui y ont vu des tentatives de normalisation avec Israël sans que ce pays ne donne de garanties en retour.
La Jordanie s’est défendue d’avoir voulu vendre une telle formule...