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Actualités - Chronologie

L’opposition tombe à bras raccourcis sur le directeur de la SG

L’ancien président de la République, Amine Gemayel, a qualifié hier les propos du directeur général de la Sûreté générale, le général Jamil Sayyed, d’« innovation sécuritaire et politique ». « Nous savons tous que le problème qui a conduit tous les Libanais à descendre dans la rue est ce pouvoir et sa composition sécuritaire qui gouverne le pays depuis plusieurs années », a indiqué l’ancien chef de l’État. « L’affaire remonte aux années qui ont suivi Taëf, lorsque le pouvoir et la Syrie ont opéré un coup d’État contre le document d’entente nationale, notamment contre les clauses relatives au cabinet d’union nationale et aux élections libres. C’est pourquoi nous vivons à l’ombre d’un régime sécuritaire depuis 1992 », a-t-il poursuivi. « Notre problème avec le général Sayyed n’est pas d’ordre personnel. Notre problème est avec le régime sécuritaire dans son ensemble, auquel le président de la République assure une couverture et derrière lequel la Syrie se tient, par le biais des services de renseignements syriens qui exerçaient leurs prérogatives décisionnelles sur le territoire libanais », a-t-il ajouté. Estimant que les responsables des services assument une responsabilité morale, M. Gemayel a rappelé qu’en 1983, au lendemain d’une catastrophe naturelle, il avait lui-même pris des mesures à l’encontre de personnes très proches de lui, en raison de la responsabilité morale qu’ils assumaient. Il a également rappelé qu’au lendemain de la conférence de Lausanne, « le Liban passait d’une étape à une autre, ce qui a nécessité le changement de symboles particuliers (…), comme le général Ibrahim Tannous, qui était pourtant l’un des meilleurs chefs de l’armée que le Liban ait connus ». Relevant que le général Sayyed aurait dû s’en tenir au devoir de réserve, le député Walid Eido a estimé que ses propos constituent « un précédent, une poursuite en justice donquichottesque (car) nul n’a jamais porté plainte contre lui-même ». Le général Sayyed « tente de faire peur » à l’opposition, a dit M. Eido, mettant en garde contre « un coup d’État militaire ». « Nous affirmions que les services et leurs patrons constituent le gouvernement réel. Ils semblent le confirmer (…). Les statuts de la Sûreté générale donnent-ils également au général Sayyed le droit de faire des propositions politiques ? » a-t-il poursuivi. « Comment la juge Kaddoura va-t-elle juger les chefs des SR ? Qu’on arrête ce cirque. Kaddoura va-t-elle juger Adnane Addoum, qui est l’un d’eux ? Cessez de prendre les Libanais pour des simples d’esprit », a ajouté M. Eido. De son côté, le député Mohammed Kabbani s’est déclaré surpris de « cette nouveauté qui consiste à rassembler soi-même les éléments du dossier et demander d’être poursuivi en justice », affirmant qu’il s’agit là d’« une tentative de fuite en avant ». « Il est évident qu’il est interdit d’accuser quelqu’un sans preuve, mais face à l’assassinat de Rafic Hariri, il y a eu sans aucun doute manquement, et donc une responsabilité indirecte qui conduit dans tous les États du monde à la démission » des responsables, a estimé Kabbani. Le peuple face aux services Le député Farès Souhaid a estimé que Jamil Sayyed avait poursuivi, à travers son apparition à la télévision, l’idée lancée mercredi soir par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, à savoir substituer à la proposition de l’opposition en faveur d’une commission d’enquête internationale, une commission d’enquête libanaise secondée par des étrangers. « En évoquant le procès des chefs des SR, il a abondé dans le sens de Nasrallah et Omar Karamé pour ce qui est d’arrondir les angles et d’aller vers des compromis. S’il y avait un minimum de confiance dans les pouvoirs judiciaires et sécuritaires, l’opposition n’aurait pas réclamé une enquête internationale. Mais ces derniers sont incapables d’élucider les crimes qui ont été commis après la guerre », a indiqué M. Souhaid. Il a par ailleurs dénoncé les attaques lancées par M. Sayyed à l’encontre de Walid Joumblatt, estimant que le peuple libanais a tourné la page. « Nous ne voulons pas de leçons sur ce sujet. Tout le monde a commis des infractions sécuritaires et financières, notamment les chefs des SR (…) Les apparitions du président de la République, Émile Lahoud, de sayyed Hassan Nasrallah ou du général Sayyed ne changeront rien à la situation », a conclu M. Souhaid. Le député Ghattas Khoury s’est dit surpris de voir et d’entendre « un fonctionnaire de première catégorie » s’exprimer de cette manière. M. Khoury a estimé qu’il s’agit là d’un coup d’État contre le système politique tout entier, indiquant que le général Sayyed s’en prend à la classe politique en se plaçant au-dessus de tout soupçon. « Ils veulent s’en remettre à une justice qu’ils ont eux-mêmes fabriquée, dont ils ont fait un autre service parallèle », a-t-il poursuivi. Le député Farid el-Khazen s’est demandé, pour sa part, si les positions exprimées par le général Sayyed n’augurent pas d’un cabinet militaire. « Il a parlé de confrontation, mais il semble ignorer que cette fois, la confrontation sera avec le peuple. Dans ses propos, nous pouvons déceler un esprit militaire, l’esprit d’un cabinet et d’un pouvoir militaires qui existaient déjà, mais qui se dévoilent », a indiqué le député. « Quoi qu’il en soit, le problème n’est pas au niveau des administrations, mais de la politique et la tête qui les dirige. Il s’agit de la politique du président de la République et des SR. Le problème réside dans le lien politique qui existe entre le président et les services, et dans le soutien que ces services apportent au président pour qu’il puisse gouverner et établir sa poigne de fer sur le pays », a ajouté M. Khazen. Le secrétaire général de la Gauche démocratique, Élias Atallah, a estimé que « cette attaque d’un responsable sécuritaire contre l’ensemble de la classe politique constitue un phénomène dangereux ». Selon lui, le général Sayyed « tente de couvrir le régime sécuritaire et de se mettre en travers des efforts déployés par l’opposition et de la famille Hariri pour une enquête internationale ». Quant au membre du bureau politique du PSP, Waël Bou Faour, il a estimé que le général Sayyed « avait initié une nouvelle intifada, celle des services dont la dignité a été bafouée ». « Cela nous rappelle le discours d’investiture du président Lahoud, qui avait lui aussi exprimé sa volonté d’éliminer la classe politique », a-t-il dit. Il s’est par ailleurs demandé s’il ne s’agit pas d’une volonté d’instaurer un pouvoir militaire au Liban ou d’ouvrir la voie à une nouvelle vague d’assassinats. M. Bou Faour a indiqué que « le casier judiciaire de M. Sayyed n’est pas blanc comme neige ».

L’ancien président de la République, Amine Gemayel, a qualifié hier les propos du directeur général de la Sûreté générale, le général Jamil Sayyed, d’« innovation sécuritaire et politique ». « Nous savons tous que le problème qui a conduit tous les Libanais à descendre dans la rue est ce pouvoir et sa composition sécuritaire qui gouverne le pays depuis plusieurs années », a indiqué l’ancien chef de l’État. « L’affaire remonte aux années qui ont suivi Taëf, lorsque le pouvoir et la Syrie ont opéré un coup d’État contre le document d’entente nationale, notamment contre les clauses relatives au cabinet d’union nationale et aux élections libres. C’est pourquoi nous vivons à l’ombre d’un régime sécuritaire depuis 1992 », a-t-il poursuivi.
« Notre problème avec le général Sayyed...