Avec la mort de Rinus Michels, ancien sélectionneur des Pays-Bas et ex-entraîneur du grand Ajax Amsterdam, c’est un peu du « football total », cette philosophie qui porta les « Orange » en finale de Coupe du monde et l’Ajax sur le toit de l’Europe dans les années 1970, qui s’éteint.
Michels, décédé jeudi à 77 ans, fut toute sa carrière un adepte du jeu d’attaque, basé sur l’art des déplacements et d’une condition physique hors pair. Un style qui fit l’admiration de tous et que le grand public résuma vite en un slogan simpliste : « Tout le monde attaque, tout le monde défend. »
« Le sphinx », parfois aussi surnommé « le général », était un entraîneur strict, qui goûtait la discipline et la polyvalence, toujours impassible sur le banc, sérieux en toutes circonstances. « Le football, c’est la guerre », déclara-t-il un jour.
Lors du Mondial 1974, les grandes chevauchées des « Orange mécanique », dont il était le chef horloger, butèrent sur la République fédérale d’Allemagne (RFA), pays organisateur, en finale. Mais Cruyff et Cie venaient de noyer l’Argentine (4-0), le Brésil (2-0) et d’autres dans un tourbillon de jeu en mouvement.
À cette époque, Michels avait trouvé en Cruyff un relais idéal, qui incarnait parfaitement son football moderne : un technicien à la vista excellente, doublé d’un coureur infatigable et d’un meneur d’hommes.
« Juste équilibre »
L’Ajax avait servi de laboratoire à Michels. Entre 1965 et 1971, il fit du club amsterdamois l’équipe qui révolutionna le jeu de fond en comble.
Oublié le « catenaccio » italien des années 60, place à l’attaque à tout va. Avec le maître Michels, l’Ajax, moribond en 1965, devint finaliste de la Coupe d’Europe (C1) en 1969 avant de la remporter en 1971.
Le club néerlandais la gagna aussi en 1972 et 1973, sans Michels, parti au FC Barcelone, mais toujours avec ses idées.
« Composer un onze de départ est tout un art, confiait-il. Il faut trouver le juste équilibre entre les joueurs créatifs et ceux qui sont là pour détruire, entre défense, construction du jeu et attaque, sans jamais oublier la qualité de l’opposition et la pression inhérente à chaque match. » Le grand triomphe de Michels fut de permettre l’éclosion d’une autre génération exceptionnelle. Mais, en plus, de la faire gagner. En confiant les clés aux Van Basten et Ruud Gullit, il porta les Pays-Bas à la victoire à l’Euro 1988.
Sa décision d’associer Rijkaard et Ronald Koeman, défenseurs centraux aux immenses qualités de relanceur, symbolise à jamais son unique façon de concevoir le football : vers l’avant. Cette année-là, Michels devint l’une des figures les plus respectées du football européen.
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