Le « New York Times » se livre
à une sévère autocritique
le 31 mai 2004 à 00h00
Des défaillances collectives, et non de personnes, ont mené le New York Times à se laisser manipuler dans sa couverture de l’Irak avant la guerre par des personnes souhaitant l’entrée en guerre des États-Unis, affirme son médiateur dans une sévère autocritique dimanche. « Une partie de la couverture du Times dans les mois précédant l’invasion de l’Irak était crédule, et une bonne partie de cette couverture a été mise en valeur et placée en première page de manière inappropriée, avec des titres vendeurs », écrit Daniel Okrent dans une tribune. « Ce mauvais journalisme pratiqué par le Times s’est poursuivi dans les semaines qui ont suivi le début de la guerre, à une période où les journalistes auraient pu se libérer des sources gouvernementales anonymes qui s’étaient insinuées, avec leurs idées, dans la couverture précédant la guerre », poursuit M. Okrent.
Cette tribune est publiée quatre jours après un premier mea culpa du prestigieux quotidien dans un éditorial avouant des erreurs de couverture et regrettant parfois son manque de rigueur face à des informations erronées. Le quotidien y admettait s’être souvent reposé sur de faux éléments, notamment sur l’existence d’armes de destruction massive, transmis par des Irakiens en exil dont le seul but était le renversement de Saddam Hussein.
Bien qu’elle ne soit pas citée hier, trois des cinq articles les plus contestables du Times ont été rédigés par Judith Miller. Mais Okrent insiste sur le fait qu’accuser un journaliste ne serait ni juste ni exact. « La défaillance n’était pas individuelle, mais institutionnelle », écrit-il, ajoutant que la recherche de scoops et le « syndrome de la première page » qui animaient les rédacteurs avaient envahi l’ensemble du journal. « Ma propre enquête m’a convaincu que des dysfonctionnements de système ont permis à des reporters, à Washington ou à Bagdad, de travailler en marge des règles habituelles », affirme-t-il. Il cite notamment des interrogations de la part de journalistes sur certains papiers qui n’ont pas été écoutées. « Les reporters du Times ont sorti plusieurs histoires avant et après la guerre, mais quand elles se sont effondrées plus tard, dans beaucoup de cas les lecteurs du journal n’en ont pas été informés », dénonce-t-il. M. Okrent souligne par exemple que les lecteurs du journal n’ont jamais su que la nièce d’Ahmed Chalabi, ancien opposant irakien et protégé du Pentagone, avait été embauchée en janvier 2003 au bureau du journal au Koweït, jusqu’en mai de la même année.
Des défaillances collectives, et non de personnes, ont mené le New York Times à se laisser manipuler dans sa couverture de l’Irak avant la guerre par des personnes souhaitant l’entrée en guerre des États-Unis, affirme son médiateur dans une sévère autocritique dimanche. « Une partie de la couverture du Times dans les mois précédant l’invasion de l’Irak était crédule, et une bonne partie de cette couverture a été mise en valeur et placée en première page de manière inappropriée, avec des titres vendeurs », écrit Daniel Okrent dans une tribune. « Ce mauvais journalisme pratiqué par le Times s’est poursuivi dans les semaines qui ont suivi le début de la guerre, à une période où les journalistes auraient pu se libérer des sources gouvernementales anonymes qui s’étaient insinuées, avec leurs idées,...
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