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Actualités - Analyse

Fin de règne et jeux de pouvoirs

L’hospitalisation de Jean-Paul II a relancé la course à la succession et les manœuvres des « grands électeurs », renvoyés dans l’ombre par la garde rapprochée du pape. Le cardinal italien Mario Francesco Pompedda, 75 ans, préfet émérite du Tribunal suprême de la signature apostolique, a ainsi publiquement déploré la mise à l’écart du « Conseil des ministres » réunissant les cardinaux chefs des congrégations et des conseils de la curie. Le gouvernement de l’Église est assuré par le cardinal secrétaire d’État Angelo Sodano et le secrétaire personnel de Jean-Paul II, son compatriote Stanislaw Dziwisz, devenus les deux prélats les plus puissants du Vatican. Cet exercice, jugé trop personnel, du pouvoir pourrait valoir des inimitiés au cardinal Sodano, considéré comme « un papabile », estime-on de source vaticane. Le pape a mis en garde contre les manœuvres en menaçant d’excommunication les cardinaux électeurs coupables « d’avoir établi des accords avant l’élection ou bien d’avoir pris par des ententes communes des engagements qu’ils s’obligeraient à respecter dans le cas où l’un d’eux accéderait au pontificat ». Il l’a écrit noir sur blanc au chapitre VI de sa constitution apostolique de février 1996. Officiellement, personne ne prétend succéder à Jean-Paul II. Mais le Vatican bruisse de spéculations sur les « papabili », les « faiseurs de pape », et les ambitions des uns et des autres. Trois cardinaux sont particulièrement suivis en cette difficile fin de règne : l’Allemand Joseph Ratzinger, et les Italiens Dionigi Tettamanzi et Angelo Scola. « La succession de Jean-Paul II sera d’abord une affaire italienne », ont assuré à l’AFP plusieurs sources vaticanes sous le couvert de l’anonymat. « Après Jean-Paul II, la tendance sera à l’élection d’un Italien à cause d’une tradition séculaire et parce que cette nationalité ne dérange personne, ce qui ne serait pas le cas d’un Américain, d’un Allemand ou d’un Français », a soutenu l’une de ces sources. « Je ne suis pas sûr que le collège des électeurs prendra le risque d’élire un étranger. Les Italiens sont du sérail. Ils connaissent bien le fonctionnement de la curie », a estimé une autre source. Sur les 119 cardinaux électeurs, 58 sont européens et 39 sont italiens. « Karol Wojtyla a été élu en 1978 parce que les deux candidats italiens, Giovanni Benelli, cardinal archevêque de Florence, et Giuseppe Siri, cardinal archevêque de Gênes, ne sont pas parvenus à se départager », a-t-on rappelé. « Le cardinal Joseph Ratzinger a joué un rôle déterminant pour le choix de Karol Wojtyla », a-t-on précisé. Cardinal archevêque de Milan, le plus grand diocèse d’Europe, Mgr Tettamanzi, 70 ans, fait aujourd’hui figure de grand favori « parce qu’il est à la fois un pasteur, un intellectuel, un politique et que, proche de Jean-Paul II, il représente la continuité, mais avec des idées nouvelles », a expliqué une de ces sources. Le jeu des alliances sera déterminant. Mgr Tettamanzi peut compter sur le soutien de deux grands cardinaux électeurs italiens, Mgr Giovanni Battista Re, puissant préfet de la Congrégation des évêques, et Camillo Ruini, le chef de l’Église italienne, affirment les vaticanistes. L’autre « papabile » italien est le cardinal patriarche de Venise, Mgr Angelo Scola, 63 ans, considéré lui aussi comme un « modéré ». Les vaticanistes italiens soutiennent que sa candidature sera appuyée par l’Opus Dei, un puissant groupe d’influence né en Espagne et élevé au statut de prélature personnelle par Jean-Paul II. L’Opus Dei a un cardinal électeur, l’Espagnol Julian Herranz, et compte plusieurs sympathisants latino-américains et européens au sein du collège électoral, précisent-ils. Mais « le grand électeur » reste le cardinal allemand Joseph Ratzinger, 77 ans, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et très proche de Jean-Paul II. Doyen du Sacré Collège, très conservateur, « il a une autorité considérable et est toujours un homme de pouvoir ». Son choix fera autorité, assure-t-on de sources vaticanes. (Christian Spillmann AFP)

L’hospitalisation de Jean-Paul II a relancé la course à la succession et les manœuvres des « grands électeurs », renvoyés dans l’ombre par la garde rapprochée du pape.
Le cardinal italien Mario Francesco Pompedda, 75 ans, préfet émérite du Tribunal suprême de la signature apostolique, a ainsi publiquement déploré la mise à l’écart du « Conseil des ministres » réunissant les cardinaux chefs des congrégations et des conseils de la curie.
Le gouvernement de l’Église est assuré par le cardinal secrétaire d’État Angelo Sodano et le secrétaire personnel de Jean-Paul II, son compatriote Stanislaw Dziwisz, devenus les deux prélats les plus puissants du Vatican. Cet exercice, jugé trop personnel, du pouvoir pourrait valoir des inimitiés au cardinal Sodano, considéré comme « un papabile », estime-on de...