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Actualités - Analyse

Éclairage La solidité des retrouvailles transatlantiques reste à démontrer

Le président américain George W. Bush a scellé avec les Européens pendant ses deux jours de visite à Bruxelles une réconciliation en trompe-l’œil, qui n’a éliminé aucun des points de divergence durables entre les États-Unis et leurs alliés. Se voulant rassurant, souvent conciliant et surtout à l’écoute, le président américain, qui a poursuivi hier son offensive de charme en Allemagne auprès du chancelier Gerhard Schröder, n’a pas ménagé ses efforts pour se rabibocher avec les plus suspicieux de ses partenaires. Ces derniers lui ont rendu la pareille en saluant un esprit d’unité retrouvé. « Cela a été une visite réussie. On a eu le temps de parler d’une manière détendue d’un grand nombre de sujets (...) Je pense que l’ambiance a été bonne et les résultats très bons », a estimé hier le haut représentant pour la politique extérieure de l’UE, Javier Solana. Face à l’enthousiasme des uns, tel le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso qui a clamé haut et fort qu’Américains et Européens avaient « renoué le fil », d’autres, à commencer par le président français Jacques Chirac, se sont montrés plus réservés. « Le président Bush a, semble-t-il, clairement indiqué qu’il entendait qu’il y ait un vrai partenariat et donc une vraie discussion. C’est le sentiment que j’ai eu, l’avenir nous dira si je ne me suis pas trompé », a affirmé M. Chirac mardi. La presse européenne et les experts ont dressé hier un bilan plus que mitigé de la visite de George W. Bush, soulignant les « ambiguïtés » et les « divergences » qui persistent entre Européens et Américains. « Il y a un certain nombre de dossiers qui pourraient s’avérer explosifs et se terminer par des crises », a déclaré à l’AFP Mark Leonard, du Center for European Reform à Londres. Et de citer la perspective d’une levée par l’UE de son embargo sur les ventes d’armes à la Chine, devant laquelle le président Bush a exprimé sa « profonde préoccupation », ou les négociations avec l’Iran sur le nucléaire, qu’il a affirmé appuyer sans cacher son scepticisme quant aux résultats. « La bonne volonté des uns et des autres devrait durer un peu, mais elle va être rapidement mise à l’épreuve », ajoute M. Leonard. Pour Caroline Pailhe, du Groupement de recherche et d’information sur la paix (Grip) à Bruxelles, « la réalité des mois qui viennent démontrera si le rapprochement entre Européens et Américains est effectif ou s’il est de façade ». « Il y a de toute façon des divergences de fond qui ne sont pas comblées entre les États-Unis et les Européens », souligne-t-elle, relevant que l’Administration Bush est « toujours dans le même schéma d’une politique de transformation » au pas de charge au Moyen-Orient, qui n’est pas forcément du goût des Européens. « Les Européens ont eu une pratique politique tout à fait différente, où ils privilégient une approche patiente, plus respectueuse du cours de l’histoire », dit-elle. Le sommet des « retrouvailles » mardi n’en a pas moins permis des avancées sur l’Irak notamment, ce qui a permis à M. Bush de proclamer que les désaccords du passé, « c’est fini ». Ainsi, l’UE s’est dit prête à accueillir avec les États-Unis une conférence internationale pour coordonner l’aide à l’Irak et a offert, outre son aide économique, de former des magistrats et autres personnels civils. Le président Bush peut également se prévaloir d’avoir reçu le soutien des 26 pays membres de l’Otan à la mission de formation des forces de sécurité irakiennes. Sur un autre front, le conflit israélo-palestinien, l’engagement affiché par le locataire de la Maison-Blanche a été bien accueilli par les Européens, pour qui un règlement équitable est la clef de la stabilité politique et économique dans la région. Léon BRUNEAU (AFP)

Le président américain George W. Bush a scellé avec les Européens pendant ses deux jours de visite à Bruxelles une réconciliation en trompe-l’œil, qui n’a éliminé aucun des points de divergence durables entre les États-Unis et leurs alliés.
Se voulant rassurant, souvent conciliant et surtout à l’écoute, le président américain, qui a poursuivi hier son offensive de charme en Allemagne auprès du chancelier Gerhard Schröder, n’a pas ménagé ses efforts pour se rabibocher avec les plus suspicieux de ses partenaires. Ces derniers lui ont rendu la pareille en saluant un esprit d’unité retrouvé. « Cela a été une visite réussie. On a eu le temps de parler d’une manière détendue d’un grand nombre de sujets (...) Je pense que l’ambiance a été bonne et les résultats très bons », a estimé hier le...