Même marginalisés, les sunnites restent un élément-clé
pour la stabilisation du pays
le 15 février 2005 à 00h00
La minorité sunnite, qui sera quasiment absente des bancs de la nouvelle Assemblée nationale, reste malgré sa marginalisation un élément-clé de la stabilisation du pays. Selon un diplomate européen à Bagdad, ils ne devraient pas dépasser la dizaine de députés sur les 275 sièges que compte le Parlement et pâtiront de l’absence de personnalités de premier plan, à l’exception du chef de l’État sortant Ghazi al-Yaouar. Le vétéran de la politique irakienne, le sunnite Adnane Pachachi, qui n’a pas réussi à se faire élire, s’est déclaré « déçu » par la faiblesse de la représentation des sunnites, restés à l’écart des élections du 30 janvier. La liste Iraqioun du président al-Yaouar est la plus large formation sunnite au Parlement avec cinq sièges, et celle du Mouvement de réconciliation et de libération du sunnite Michaane al-Joubouri ne récolte qu’un seul siège. L’Alliance unifiée irakienne, bénie par le grand ayatollah chiite Ali Sistani, et celle du Premier ministre Iyad Allaoui ont saupoudré leurs listes de quelques sunnites. Victorieux, les partis chiites ont aussitôt tendu la main aux dirigeants sunnites afin de préserver l’unité de l’Irak et parce que cette communauté peut opposer son veto lors du référendum sur la Constitution permanente. En effet, si trois provinces se prononcent aux deux tiers contre le projet de Constitution, elle est rejetée, même si une majorité l’approuve au niveau national. Or, cette communauté est largement majoritaire dans les provinces de Ninive et de Salaheddine au Nord, et al-Anbar à l’ouest. Ces élections ont sanctionné la perte d’influence de cette communauté, qui représente 20 % de la population et qui a eu les rênes du pouvoir depuis la création de l’Irak moderne il y a 80 ans.
La minorité sunnite, qui sera quasiment absente des bancs de la nouvelle Assemblée nationale, reste malgré sa marginalisation un élément-clé de la stabilisation du pays. Selon un diplomate européen à Bagdad, ils ne devraient pas dépasser la dizaine de députés sur les 275 sièges que compte le Parlement et pâtiront de l’absence de personnalités de premier plan, à l’exception du chef de l’État sortant Ghazi al-Yaouar. Le vétéran de la politique irakienne, le sunnite Adnane Pachachi, qui n’a pas réussi à se faire élire, s’est déclaré « déçu » par la faiblesse de la représentation des sunnites, restés à l’écart des élections du 30 janvier. La liste Iraqioun du président al-Yaouar est la plus large formation sunnite au Parlement avec cinq sièges, et celle du Mouvement de réconciliation et de...
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