Trois mois après l’offensive américaine qui a fait de Falloujah un champ de ruines, instituteurs, écoliers et volontaires tentent de récupérer sous les décombres des manuels scolaires pour une rentrée tardive.
« Sois prudent, n’approche pas car le toit peut s’effondrer », avertit un employé municipal en s’échinant à dégager des briques des ruines de ce qui était le dépôt de l’école Dhat al-Salassil. Des écoliers attendent impatiemment. Tout manuel, même abîmé, fera l’affaire.
Les autorités avaient décidé la réouverture le 5 février de quelques écoles dans cet ancien bastion rebelle situé à 50 km à l’ouest de Bagdad, bien que la plupart des établissements scolaires aient été endommagés ou détruits.
« Nous avons réussi à nettoyer cinq des six classes », dit le directeur de l’école Dhat al-Salassil, Chalal Saddah Haraj, en faisant visiter l’établissement, seul bâtiment encore debout au milieu de maisons détruites et de morceaux de métal tordu. « Tout le mobilier a été détruit, ainsi que la plupart des fournitures (...) et il n’y a plus une seule vitre aux fenêtres », se désole-t-il.
Le retour des écoliers ne sera pas facile d’autant que toute mixité est interdite dans cette ville conservatrice qui était pendant de longs mois sous le contrôle de fondamentalistes sunnites.
« Quand je suis revenue à Falloujah avec ma famille, nous avons découvert que notre maison a été incendiée, les habitations autour et l’école ont été détruites. J’ai été dirigée vers une autre école mais tous les manuels qui y étaient ont été volés et je me demande comment je vais pouvoir étudier », s’interroge Hadil Khaled, une fillette de 9 ans.
Marwa Jawad, une autre écolière, a eu plus de chance. « J’étais heureuse quand les mosquées ont annoncé le retour aux classes. Nous sommes revenus à Falloujah et, Dieu merci, notre école était préservée, et j’espère qu’il n’y aura plus de violences ici », dit-elle.
Jusqu’ici, seule l’une des quatre écoles de garçons a pu accueillir de nouveau les élèves. Dans les autres, la plupart des instituteurs sont portés manquants. C’est également le cas dans certaines écoles de jeunes filles.
La directrice de l’école Aicha, assise dans son bureau, dit ne plus disposer que de la moitié de son personnel enseignant et ne pouvoir compter sur aucun équipement. « La plupart des enseignants ne sont pas revenus. Je ne sais pas où ils sont et s’ils sont encore en vie. Leurs salaires n’ont pas été versés depuis des mois et ils ne sont pas venus les réclamer », constate Likaa Chaker. « Je n’ai pas assez de manuels pour mes écolières et en plus je dois accueillir les élèves de trois autres établissements qui ont été détruits », dit-elle.
L’école Faiha a été plus ou moins détruite et l’institutrice doit écrire sur un tableau noir portant des impacts de balle et s’inquiéter pour ses élèves.
« Pour rattraper le programme nous devons enseigner pendant l’été alors que les autres académies seront en vacances. Pour le moment nous n’avons ni eau courante ni électricité », déclare Mayssoun Hawas derrière son voile noir. En été, la température franchit allègrement les 50°C à Falloujah, située en pleine région désertique de l’ouest de l’Irak.
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« Sois prudent, n’approche pas car le toit peut s’effondrer », avertit un employé municipal en s’échinant à dégager des briques des ruines de ce qui était le dépôt de l’école Dhat al-Salassil. Des écoliers attendent impatiemment. Tout manuel, même abîmé, fera l’affaire.
Les autorités avaient décidé la réouverture le 5 février de quelques écoles dans cet ancien bastion rebelle situé à 50 km à l’ouest de Bagdad, bien que la plupart des établissements scolaires aient été endommagés ou détruits.
« Nous avons réussi à nettoyer cinq des six classes », dit le directeur de l’école...