Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a annoncé samedi que son pays boycottait le sommet arabe de Tunis, peu après avoir quitté la réunion en pleine séance inaugurale, est un habitué des coups d’éclat lors des rencontres avec ses pairs.
« La Libye se voit dans l’obligation de boycotter le sommet arabe car elle n’est pas d’accord avec l’ordre du jour », a déclaré le colonel Kadhafi lors d’une conférence de presse. Alors qu’un journaliste lui demandait pourquoi il était venu à Tunis alors qu’il connaissait déjà l’ordre du jour, le colonel Kadhafi a répondu : « Je savais que ce sommet était inutile mais je suis venu pour faire plaisir au président tunisien » Zine el-Abidine ben Ali. Le colonel Kadhafi s’est retiré au moment où le secrétaire général de la Ligue Amr Moussa faisait référence dans son discours à des « voix » qui accusent la Ligue d’être responsable de tous les maux des Arabes.
Cette sortie pouvait être comprise comme une critique implicite de M. Kadhafi, qui déplore régulièrement l’inefficacité de l’organisation et a même régulièrement menacé depuis mars 2002 d’en retirer son pays, menace qu’il a à nouveau brandie samedi.
Quelques minutes plus tôt, M. Kadhafi avait suivi les discours de M. ben Ali et du Premier ministre bahreïni, fumant ostensiblement une cigarette. Le numéro un libyen n’est pourtant pas fumeur et a même interdit de fumer dans son entourage.
Le colonel Kadhafi s’est tourné vers M. Moubarak et lui a dit en lançant la fumée en l’air : « Je fume une cigarette américaine. »
Lors du dernier sommet arabe en mars 2003 à Charm el-Cheikh (Égypte), le flamboyant colonel, l’un des doyens des dirigeants arabes avec 35 ans au pouvoir, s’était distingué en arrivant au sommet à bord d’une limousine blanche, contrastant avec les voitures noires de tous les autres chefs d’État.
La sécurité égyptienne avait voulu empêcher ses fameuses gardes du corps, en treillis et aux cheveux longs, d’entrer en sa compagnie au sommet, et une empoignade s’en était suivie. Lors de la séance, M. Kadhafi avait commencé à s’emporter lorsqu’on lui avait refusé à plusieurs reprises la parole. Quand son tour était finalement arrivé, il s’en était pris à l’Arabie saoudite, lui reprochant d’abriter des bases américaines.
Le prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz l’avait immédiatement interrompu pour lui lancer : « Toi, qui t’a amené au pouvoir ? Tu es un menteur et le tombeau t’attend. » Il avait fallu une intervention de plusieurs dirigeants arabes pour calmer les deux hommes. À chaque réunion internationale, le dirigeant libyen met un point d’honneur à dormir dans une tente bédouine, généralement plantée dans les jardins des luxueux hôtels où les délégués sont habituellement logés.
En 1988, au sommet arabe d’Alger, M. Kadhafi avait manqué à l’appel à la première séance de travail, décidant de prendre le soleil sur une terrasse. Il avait commandé un café et quand on lui avait suggéré de rejoindre ses pairs, il avait demandé : « Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe à l’intérieur ? »
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« La Libye se voit dans l’obligation de boycotter le sommet arabe car elle n’est pas d’accord avec l’ordre du jour », a déclaré le colonel Kadhafi lors d’une conférence de presse. Alors qu’un journaliste lui demandait pourquoi il était venu à Tunis alors qu’il connaissait déjà l’ordre du jour, le colonel Kadhafi a répondu : « Je savais que ce sommet était inutile mais je suis venu pour faire plaisir au président tunisien » Zine el-Abidine ben Ali. Le colonel Kadhafi s’est retiré au moment où le secrétaire général de la Ligue Amr Moussa faisait référence...