L’euro était en hausse face au dollar sur les marchés des changes alors qu’en l’absence d’indicateurs économiques des deux côtés de l’Atlantique, le billet vert a calqué son évolution, comme la veille, sur celle du pétrole à l’occasion de la réunion informelle de l’Opep aujourd’hui à Amsterdam. Tous les regards étaient donc tournés vers cette réunion pour voir quels signaux vont envoyer les pays de l’organisation aux marchés. À cet égard, les investisseurs ont été très sensibilisés hier par les nouvelles selon lesquelles les ministres des Finances du Groupe des Sept (G7), qui se réunissent également à New York aujourd’hui, attendent de l’Opep un geste significatif pour calmer la flambée du brut. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre du ministre saoudien du Pétrole que son pays, qui est prêt à accroître sa production si nécessaire jusqu’à 9 millions de barils par jour (mbj), va proposer une augmentation de plus de 2 mbj des quotas de l’Opep pour réduire les prix. Dans cette perspective, qui est censée enrayer les pressions inflationnistes dans les économies occidentales, surtout aux États-Unis, les opérateurs ont estimé devoir prendre leurs gains sur le dollar. À cela auraient contribué aussi les propos attribués tard la veille au gouverneur de la Fed, Ben Bernanke, douchant l’enthousiasme des marchés qui tablaient sur des relèvements répétés des taux d’intérêt US dans les mois à venir pour contenir l’accélération de l’inflation ayant pour origine la hausse des prix pétroliers (voir par ailleurs). Ces propos, indiquant que l’approche de la Fed risque d’être graduelle et modérée en matière de hausse des taux, ont donc convaincu les opérateurs que le dollar a excessivement progressé et que son niveau actuel doit prendre en compte une éventuelle augmentation de la production de l’Opep pour faire baisser les prix du brut. En effet, l’euro ne tardait pas à reprendre des couleurs, bénéficiant d’ajustement de positions de change en sa faveur. Il s’est négocié en hausse à New York à 1,1995 $ contre 1,1935 $ la veille.
Les anticipations de baisse des prix pétroliers ont aussi dopé la Bourse US, d’autant que les commentaires de Bernanke excluaient un relèvement imminent des taux de la Fed. En l’absence donc de nouvelles macroéconomiques et d’entreprises, les opérateurs ont procédé à des rachats du découvert dans la plupart des compartiments de la cote, tirant les indices boursiers vers le haut.
Au contraire, les Bourses européennes ont été moins unanimes à la hausse, les opérateurs optant pour le « wait and see » à la veille des deux réunions de l’Opep et du G7. Ils sont restés généralement en retrait sur les marchés, se contentant de quelques ajustements sur les sociétés liées aux secteurs de l’industrie automobile, de l’aviation et de la chimie profitant de tout repli des cours du brut.
À la Bourse de Beyrouth, les actions A de Solidere ont baissé de 6,62 $ à 6,57 $ alors que celles de la catégorie B avançaient de 6,60 $ à 6,65 $.
Élie KAHWAGI
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