Les incertitudes entourant l’évolution des cours du brut à la veille de la réunion de l’Opep à Amsterdam, en marge du forum international sur l’énergie entre les 22 et 24 mai, sont restées la principale préoccupation des marchés financiers à la fin de la semaine. Les perspectives d’un relèvement des quotas de production des pays de cette organisation pour faire baisser les prix pétroliers, qui étaient à l’origine de l’accès de faiblesse du dollar la veille, se sont dissipées hier après que le Venezuela se fut déclaré hostile à l’augmentation de la production de pétrole pour apaiser la flambée de ses cours. D’autant que les commentaires du président George W. Bush, selon lesquels il ne va pas puiser dans les réserves stratégiques des États-Unis à cette fin, contribuaient à la fermeté des cours et nourrissaient les craintes inflationnistes militant en faveur d’un relèvement des taux d’intérêt US. Dans ce contexte, nombre d’opérateurs, anticipant un prochain durcissement de la politique monétaire US pour enrayer les signes inflationnistes entraînés par la hausse des prix de l’énergie, ont estimé hier devoir racheter le dollar. Ils ont, en effet, ignoré l’augmentation des demandes d’allocations chômage aux États-Unis de 12 000 la semaine dernière (à 345 000) et la maigre progression de 0,1 % en avril contre 0,8 % en mars de l’indice composite des principaux indicateurs de l’économie US qui est censé préfigurer l’évolution de la conjoncture dans les 6 prochains mois. Il en est de même de la baisse de 32,5 points en avril à 23,8 points en mai de l’indice de la Banque de réserve de Philadelphie mesurant l’activité industrielle dans cette région, qui est passé comme inaperçu. Mais malgré tous ces mauvais chiffres US, les ventes bénéficiaires sur les autres grandes monnaies ont continué à se faire sentir, notamment l’euro qui a dû abandonner tout le terrain qu’il avait gagné face au billet vert, se négociant finalement à New York à 1,1935 $ contre 1,2015 $ la veille, en baisse de 0,67 %.
Le spectre d’une nouvelle flambée des prix pétroliers et les nouvelles économiques décevantes en provenance des États-Unis ainsi que l’annonce d’une explosion près d’un restaurant McDonald’s à Istanbul ont fait tomber la plupart des Bourses dans le rouge. Pourtant, Wall Street est parvenue à se soustraire à ces influences baissières en fin de journée, après un départ faible, pour des raisons techniques en rapport avec des rachats de découvert. En revanche, la bourse électronique Nasdaq a continué d’essuyer des prises de bénéfices au lendemain des bons résultats de Hewlett-Packard.
Sur les marchés européens, la tendance était unanimement baissière, les opérateurs ayant été déçus par les statistiques US et la hausse du brut qui a notamment pesé sur les compagnies aériennes. Les autres sociétés ayant un rapport avec les prix de l’énergie, comme les constructeurs automobiles et l’industrie chimique, ont été également sous pression.
À la Bourse de Beyrouth, la tendance était à la baisse avec le repli des actions A et B de Solidere de 6,80 $ à 6,62 $ et de 6,79 $ à 6,60 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
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