L’ancien maire de New York Rudolph Giuliani est venu défendre hier la réaction de sa ville et notamment des secours, mis en question par la Commission d’enquête sur le 11 septembre 2001, dont les auditions ont parfois choqué une cité profondément marquée.
Entendu pendant deux heures, M. Giuliani, devenu figure emblématique du drame pour la manière dont il a su gérer les événements, a ardemment défendu hier des sauveteurs « incroyablement capables ».
Dans un nouveau rapport préliminaire publié en matinée, la Commission indépendante, formée de cinq démocrates et cinq républicains, relevait que policiers et pompiers, dépourvus de systèmes permettant de se coordonner, n’ont pu travailler conjointement lors des attentats contre le World Trade Center. Si elle a, à plusieurs reprises, loué le courage des hommes, la commission a également souligné la confusion dans les réactions et leur traditionnelle rivalité.
« Toute tentative destinée à unifier le commandement le 11 septembre aurait été handicapée par le manque de communication et de coordination », relève le texte de 10 pages. « Il s’agissait moins d’un problème de bataille qu’un problème lié aux systèmes destinés à opérer indépendamment, et pas ensemble », ajoute-t-il.
Mais, pour M. Giuliani, « personne n’a privilégié son ego » parce que l’événement était trop énorme. « Dans des situations mineures, vous avez le temps de débattre sur qui est meilleur que l’autre », pas dans de telles circonstances, a-t-il dit. « Notre ennemi n’est pas parmi nous, ce sont les terroristes », a insisté le maire. « Je vous demande de considérer le fait que personne n’avait jamais eu affaire à un tel attentat », a-t-il dit à la commission.
Il a justifié par la différence de leurs missions l’existence de deux systèmes radio différents, ce qui a pu expliquer les difficultés de communication : les pompiers ont besoin d’un système reliant un maximum de leurs hommes, la police d’un système à portée géographique plus large.
L’ex-maire a aussi été interrogé sur les informations dont il a pu disposer avant le 11 septembre, notamment un rapport du renseignement évoquant en août des projets d’el-Qaëda contre New York. « Je ne sais pas ce que nous aurions pu faire différemment si nous avions eu l’information, mais on ne nous l’a pas donnée », a-t-il dit. « En toute hypothèse, nous aurions sans doute été plus dans la direction d’attentats-suicide que dans celle d’attaques aériennes, ou (nous aurions pensé) à des attentats biologiques ou chimiques », a-t-il dit.
La priorité selon lui est désormais d’établir dans chaque ville « un bureau des urgences », pour rassembler les ressources.
Ces deux jours d’auditions des principaux responsables new-yorkais ont largement bouleversé la ville. À commencer par les parents des victimes, dont quelque 200 ont assisté aux sessions.
M. Giuliani « a dit des choses fausses », proteste Sally Regenhard. « Il n’y avait pas de plan approprié en cas d’attentat et les radios des pompiers ne marchaient pas, ce qui a entraîné la mort de mon fils », un des 343 pompiers tués ce jour-là.
Plusieurs journaux new-yorkais prenaient, eux, hier la défense des sauveteurs. Le populaire New York Post titrait en gros « Insulte », avec une photo d’un pompier dans les gravats, légendée d’un « cet homme est un héros ».
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Entendu pendant deux heures, M. Giuliani, devenu figure emblématique du drame pour la manière dont il a su gérer les événements, a ardemment défendu hier des sauveteurs « incroyablement capables ».
Dans un nouveau rapport préliminaire publié en matinée, la Commission indépendante, formée de cinq démocrates et cinq républicains, relevait que policiers et pompiers, dépourvus de systèmes permettant de se coordonner, n’ont pu travailler conjointement lors des attentats contre le World Trade Center. Si elle a, à plusieurs reprises, loué le courage des...