EDL: toutes ces pertes...
Félicitations à Sibylle Rizk qui a très bien analysé dans son article (L’Orient-Le Jour du 1er février) les problèmes des pertes électriques (techniques et non techniques) sur le réseau libanais et de l’approvisionnement en combustible du pays.
Pour être le chef du projet d’une étude sur le même sujet, que le ministère a confiée à la société dans laquelle je suis employé, j’ai lu le dossier avec beaucoup d’intérêt. Le lecteur ne peut en effet que se demander pourquoi l’État libanais n’a pas songé à convertir plus tôt les centrales de Beddawi et de Zahrani au gaz naturel. Pourquoi ce retard dans la construction de la ligne de GN entre le Liban et la centrale de Beddawi? Tous ces millions de dollars partis en fumée, quel gâchis!
Y a-t-il derrière ce retard un pouvoir, un clan, des personnages encore plus forts que l’État lui-même et qui freinent la modernisation du secteur énergétique du pays? Peut-on attribuer tout le retard à la négligence de nos dirigeants ?
Serko PROUDIAN
Le drame de la rue de Verdun
Nous, professeurs du lycée de Verdun, témoignons à la famille Salha toute notre compassion pour le drame survenu le 1er février 2005 devant l’annexe du lycée Verdun, rue Mar Élias (Beyrouth), et qui a coûté la vie à Mlle Rim Hamed Salha, âgée de 23 ans, étudiante à l’Université libanaise.
Nous nous élevons contre le laxisme et le manque de responsabilité de toute personne qui n’accomplit pas son devoir dans le respect de la sécurité des personnes.
Nous sollicitons des autorités concernées des efforts soutenus pour assurer la sécurité maximale dans les lieux publics, notamment aux abords des établissements scolaires, et pour faire respecter la loi.
Les professeurs
du Lycée franco-libanais, Verdun
La mode, expression de style
ou uniformisation culturelle?
Pour être intégré en société, l’homme a aujourd’hui besoin, paraît-il, de s’identifier à un groupe socioculturel qu’il idéalise, sous peine d’être critiqué, voire exclu.
Dans une société où le regard d’autrui guide presque le comportement de l’individu, ce dernier a tendance à emprunter certains codes d’habillement (entre autres) qui ne traduisent pas nécessairement ses goûts ou sa personnalité, mais les « must » du moment, afin qu’il soit « in » ou branché.
Le consommateur perd alors son esprit sélectif, sa censure morale et opte pour l’adhésion. La mode, qui devrait en principe refléter fantaisies et particularismes, devient alors une forme d’uniformisation culturelle qui bannit l’originalité et l’individualisme.
Aidées par les mass media qui aident à véhiculer aux quatre coins du monde les mêmes folies, les industries culturelles réussissent à influencer les choix et réalisent des profits inimaginables dans une société de jetable où la mode ne résiste pas à l’épreuve du temps.
D’ailleurs, la couturière Coco Chanel disait : « La mode, c’est ce qui se démode. »
Karen AYAT
Étudiante en première année
de droit à l’USJ
Nature en danger
C’est au plus un fait divers, qui n’aurait mérité que quelques lignes en bas de page intérieure. Au Liban, le scandale – car c’en est un – devient affaire d’État. Au départ, il s’agit de quelques arbres, deux cents tout de même, que l’on entreprend d’arracher, un geste qui, dans tout pays qui se respecte, serait qualifié de criminel.
Tout cela pour créer un espace sur lequel seraient érigées deux casernes destinées aux Forces de sécurité intérieure. Louable intention, dira-t-on, mais pourquoi arracher des arbres et ne pas se tourner vers un de ces biens domaniaux sur lesquels il n’en pousse pas ? Mystère. Oh certes, il ne s’agit pas de la première agression contre la nature, laquelle en a vu d’autres dans ce Liban autrefois vert. Ne pourrait-on pas, à tout le moins, faire en sorte qu’elle soit la dernière ? Bon, disons l’une des dernières.
État de droit ou de non-droit?
Jusqu’à quel degré de laxisme un pays peu-il continuer à prétendre qu’il est encore un État de droit ? Voici un cas brûlant :
Les faits sont très clairs, tels que rapportés dans L’Orient-Le Jour du 29/1 :
Les FSI ayant arraché deux cents arbres de la Forêt des pins pour construire deux casernes, ce qui a soulevé un scandale, le Conseil des ministres a décidé de déplacer les casernes en question.
Soulagement de la population, jalouse de conserver le peu d’espaces verts qui restent dans la capitale. Mais soulagement de courte durée, dit le chroniqueur de L’Orient-Le Jour, car les travaux des FSI reprennent allègrement, et les bulldozers militaires poursuivent leur vandalisme. Les FSI ne se soucient guère de la décision du Conseil des ministres.
Lorsque la gendarmerie, dont la raison d’être est d’exécuter les ordres de l’autorité, se comporte avec une telle désinvolture, peut-on continuer à dire que nous sommes dans un État de droit ?
Comme, dans la plupart des cas, on doit compter sur l’initiative privée, c’est une ONG, Nature sans frontières (nous citons L’Orient-Le Jour du 29/1 p. 4), qui envoie « une lettre ouverte au général Émile Lahoud, le priant de faire exécuter la décision qu’il avait prise en Conseil des ministres... »
L’affaire est encore sous négociation pour essayer de convaincre les FSI de renoncer à leurs desseins destructeurs. C’est vraiment incroyable !
Albert SARA
La «chatara» lue et révisée
Pourquoi donc le Dr el-Alaily trouve-t-il étrange le comportement des Libanais au volant ? (voir L’Orient-Le Jour du 1er février, page 5). Quel diagnostic a-t-il suivi pour détecter une maladie commune à tous les conducteurs locaux ?
La raison est pourtant bien simple et n’a strictement rien de pathologique : le civisme est une culture d’État. Il n’est pas inné chez le citoyen, mais bel et bien enseigné dès le premier jour d’école pour ensuite accompagner chaque individu une vie durant.
Seulement voilà, l’enseignement, les campagnes de sensibilisation, les programmes éducatifs à la télé, etc., ne suffisent pas. C’est pour cela qu’un Français vivant au Liban se comporte au volant avec autant de « chatara » qu’un Libanais de souche.
L’éducation civique routière doit toujours être couplée d’une politique de dissuasion pré- ou post-infraction (contrôles, radars, contraventions, retrait du permis, confiscation du véhicule, etc.) qui est particulièrement efficace au Liban comme ailleurs pour la simple raison que la poche est le meilleur stimulant du civisme. Cette politique doit enfin supposer que tous les citoyens sont égaux devant la loi et que la dissuasion n’ira pas s’émousser en se frottant au clientélisme et aux pistons (autres fléaux locaux).
Peut-être aussi que la révision de tout notre réseau routier par des spécialistes européens ou autres apporterait-il une part de solution à toute cette débauche ?
Georges E. AYOUB
Assureur
Gare à l’abstention!
On a beau dire que rien ne va plus, que notre beau pays se dégrade de jour en jour, que tout est à refaire, l’espoir de voir le Liban renaître de ses cendres l’emporte. Il nous pousse incessamment à lutter malgré les entraves, à mettre de l’ordre un peu partout.
Nous nous voyons toujours en quête de justice. Car cette terre nous appartient et nul ne pourrait nous la reprendre. Aujourd’hui et après tant d’années de joug, face à certains responsables qui profitent de toutes les situations pour des intérêts personnels, face à un peuple accablé par tant d’injustices, de mensonges, nous nous retrouvons enfin à la veille d’élections. Si nous ne réagissons pas fermement, nos rêves resteront inachevés et plus rien ne pourra libérer notre jeunesse, qui continuera à larguer les amarres, assoiffée de liberté.
Ce moment tant attendu ne devrait pas s’écouler sans que le peuple puisse se prononcer librement et transmettre sa volonté de changement.
Nous pourrons, main dans la main, écarter les responsables qui ont osé rompre l’alliance en méprisant le serment sacré qu’est le patriotisme. Nous pourrons aussi désigner des personnes intègres et honnêtes.
Andrée SALIBI
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
Adressez vos commentaires par fax (01/360390), par lettre (Rubrique Courrier des lecteurs, boîte postale 2488) ou par mail : redaction@lorientlejour.com
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Félicitations à Sibylle Rizk qui a très bien analysé dans son article (L’Orient-Le Jour du 1er février) les problèmes des pertes électriques (techniques et non techniques) sur le réseau libanais et de l’approvisionnement en combustible du pays.
Pour être le chef du projet d’une étude sur le même sujet, que le ministère a confiée à la société dans laquelle je suis employé, j’ai lu le dossier avec beaucoup d’intérêt. Le lecteur ne peut en effet que se demander pourquoi l’État libanais n’a pas songé à convertir plus tôt les centrales de Beddawi et de Zahrani au gaz naturel. Pourquoi ce retard dans la construction de la ligne de GN entre le Liban et la centrale de Beddawi? Tous ces millions de dollars partis en fumée, quel gâchis!
Y a-t-il derrière ce retard un pouvoir,...