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Actualités - Chronologie

Tony Blair écartelé entre l’Europe et les États-Unis(photo)

Fidèle compagnon de route de George W. Bush dans sa « croisade » en Irak, Tony Blair fait désormais feu de tout bois pour convaincre de son engagement européen, sa « relation spéciale » avec Washington étant loin d’avoir eu les effets escomptés, selon plusieurs analystes. Mais la volonté britannique de reprendre toute sa place dans le concert européen a subi un revers avec la défaite du Parti populaire de José Maria Aznar, dimanche lors des élections législatives espagnoles, et la victoire des socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero. Un changement qui prive Tony Blair d’un allié dans sa campagne pour déplacer le centre de gravité de l’Union européenne vers les 10 pays appelés à la rejoindre début mai. Le gouvernement « que je présiderai s’efforcera de rétablir de magnifiques relations avec la France et l’Allemagne », a déclaré M. Zapatero dès lundi. Une déclaration aussitôt relevée par la presse anglaise mardi, le Guardian estimant que « l’équilibre du pouvoir a explosé » sur le Vieux Continent, ainsi qu’entre la « Vieille » et la « Nouvelle Europe ». Menacé d’être marginalisé par le noyau dur européen bâti autour de Paris et Berlin, M. Blair a également des soucis avec son allié américain. S’il n’a pas barguigné avant de lancer son pays dans le sillage des forces américaines dans le Golfe, déployant jusqu’à 46 000 militaires, ce soutien appuyé n’a été que peu récompensé par Washington. « Le problème pour Tony Blair, c’est que l’Administration Bush n’a pas rempli sa part du marché implicite passé entre les deux pays, explique Lord (William) Wallace, professeur à la London School of Economics. Marché qui consistait pour les Américains, en échange du soutien britannique à la guerre en Irak, à accorder un “rôle vital” aux Nations unies dans l’Irak de l’après-guerre et à s’engager activement pour la mise en application de la “feuille de route” entre Israël et les Palestiniens. » Lord Wallace n’est pas loin de penser que Londres s’est fait duper par Washington. Mais Tony Blair est « réellement impliqué dans la création d’une Europe plus efficace en matière de politique étrangère et de défense », affirme le spécialiste. « Par rapport aux précédents leaders britanniques, excepté Edward Heath, Tony Blair est profondément européen », assure également Julie Smith, professeur à Cambridge. « Les mois ayant précédé la guerre en Irak ont probablement renforcé la relation entre Londres et Washington », mais une telle collaboration est improbable sur d’autres dossiers, insiste-t-elle : « Par exemple, je ne vois pas de convergence d’intérêts entre les États-Unis et la Grande-Bretagne sur l’Iran. »

Fidèle compagnon de route de George W. Bush dans sa « croisade » en Irak, Tony Blair fait désormais feu de tout bois pour convaincre de son engagement européen, sa « relation spéciale » avec Washington étant loin d’avoir eu les effets escomptés, selon plusieurs analystes.
Mais la volonté britannique de reprendre toute sa place dans le concert européen a subi un revers avec la défaite du Parti populaire de José Maria Aznar, dimanche lors des élections législatives espagnoles, et la victoire des socialistes de José Luis Rodriguez Zapatero. Un changement qui prive Tony Blair d’un allié dans sa campagne pour déplacer le centre de gravité de l’Union européenne vers les 10 pays appelés à la rejoindre début mai. Le gouvernement « que je présiderai s’efforcera de rétablir de magnifiques relations avec la...