À Diwaniyah, les GI tentent
de retourner les chiites contre Sadr (Photo)
le 19 mai 2004 à 00h00
Les troupes américaines, venues remplacer le contingent espagnol à Diwaniyah, tentent de convaincre les habitants que Moqtada Sadr est leur ennemi et que la situation ne s’améliorera qu’après la défaite du chef chiite radical et de ses partisans. Mais le pari est difficile. Les habitants demeurent prudents, arguant que la démocratie que les États-Unis souhaitent mettre en place en Irak les autorise à soutenir Moqtada Sadr.
Dans cette ville poussiéreuse à 180 kilomètres au sud de Bagdad, les Irakiens semblent bien plus préoccupés par le chômage et les coupures de courant que par la rébellion du jeune leader chiite.
Depuis qu’ils ont remplacé le contingent espagnol il y a deux semaines, les soldats de la 1re division blindée patrouillent dans les rues de la ville pour y traquer les miliciens et tentent de convaincre les habitants de faire leur possible pour vaincre l’Armée du mehdi.
Lors d’une récente patrouille de nuit, les soldats ont discuté avec un groupe de jeunes qui jouaient au billard sur une table installée dans un terrain vague plein de poussière et éclairée par un générateur. Tous se plaignent du chômage et du fait que la ville n’a de l’électricité que quelques heures par jour.
Le lieutenant Adam Clements explique patiemment que ce problème remonte à l’époque de Saddam Hussein, le président irakien déchu. Mais le lieutenant Clements se dit optimiste. Les choses devraient s’améliorer bientôt, selon lui, une fois que le projet de reconstruction mené par les troupes américaines sera terminé. De ce fait, des emplois devraient être créés, dit-il à la dizaine de jeunes qui se réjouissent d’une telle nouvelle, aucun d’entre eux n’ayant de travail.
Mais lorsque la conversation en vient à Moqtada Sadr, et que le lieutenant souligne la nécessité de détruire sa milice, le groupe est moins enthousiaste. « C’est le droit du peuple que de choisir son chef, c’est ce que les Américains nous disent de la démocratie », lance un jeune homme aux soldats.
Un autre se plaint des survols à basse altitude des hélicoptères et des chars qui font trembler le sol : cela empêche les familles de dormir, effraie les enfants et fait entrer de la poussière dans les maisons.
Un jeune, Ali Kudan Hassan, veut comprendre pourquoi les Américains ont maltraité des prisonniers irakiens. « Que feriez-vous si votre famille était traitée de la façon dont les prisonniers irakiens l’ont été à la prison d’Abou Ghraib ? » demande-t-il au lieutenant Clements, via un interprète irakien. L’Américain leur répond qu’il a été également furieux quand il a appris ce qui s’était passé dans la prison d’Abou Ghraib et insiste sur le fait que les soldats responsables des sévices seront jugés. « Nous devons voir ça à la télévision », lance Ali, qui semble sceptique sur une éventuelle condamnation des soldats.
Les troupes américaines, venues remplacer le contingent espagnol à Diwaniyah, tentent de convaincre les habitants que Moqtada Sadr est leur ennemi et que la situation ne s’améliorera qu’après la défaite du chef chiite radical et de ses partisans. Mais le pari est difficile. Les habitants demeurent prudents, arguant que la démocratie que les États-Unis souhaitent mettre en place en Irak les autorise à soutenir Moqtada Sadr.
Dans cette ville poussiéreuse à 180 kilomètres au sud de Bagdad, les Irakiens semblent bien plus préoccupés par le chômage et les coupures de courant que par la rébellion du jeune leader chiite.
Depuis qu’ils ont remplacé le contingent espagnol il y a deux semaines, les soldats de la 1re division blindée patrouillent dans les rues de la ville pour y traquer les miliciens et tentent de...
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