De nombreux Palestiniens se sont plaints d’avoir été torturés par les forces de sécurité israéliennes, mais en l’absence de photos à l’appui, leurs témoignages n’ont pas eu l’impact du scandale des prisonniers en Irak.
Ces témoignages ont été pourtant jugés tout à fait crédibles par des organismes de défense des droits de l’homme, notamment israéliens, en dépit des démentis infligés par les autorités qui ne sont prêtes qu’à reconnaître des bavures épisodiques.
Selon ces organismes, la mise hors la loi en septembre 1999 de la torture par la Cour suprême israélienne est restée dans une large mesure lettre morte avec le déclenchement de l’intifada en septembre 2000. La Cour avait interdit d’employer des « pressions physiques » dites « modérées » comme « secouer violemment des suspects », les maintenir dans une position douloureuse et les priver de sommeil.
Mais selon l’avocat arabe israélien Maher Talhami, de l’association des médecins pour les droits de l’homme, les détenus palestiniens subissent systématiquement des sévices lors des interrogatoires. Les prisonniers sont ainsi privés de sommeil, dénudés et obligés à rester de longues heures pieds et mains attachés dans une position douloureuse dite « de la banane », selon lui.
« Je suis certain que les photos des détenus prises en Irak auraient pu être aussi bien prises dans nombre de prisons israéliennes », affirme le ministre palestinien chargé du dossier des détenus, Hicham Abdelrazek, qui a lui-même purgé 17 ans de prison. Mais si c’est le cas, il ne s’est trouvé aucun soldat, policier ou agent du Shin Beth, le service de sécurité intérieur, pour les avoir diffusées.
Pour Naoam Hoffstater, le porte-parole de l’organisme israélien des droits de l’homme B’tselem, le voile de silence sur les sévices subis par des prisonniers palestiniens ne risque pas d’être levé de sitôt. « Le sentiment général en Israël c’est que les mauvais traitements sont la conséquence inéluctable de l’occupation », souligne-t-il. Le fait est que l’opinion israélienne, traumatisée par une série d’attaques-suicide, s’émeut rarement de témoignages sur la torture et semble accepter l’argument que des méthodes brutales sont indispensables « dans la lutte contre le terrorisme » pour déjouer des attentats.
Néanmoins, le quotidien Yediot Aharonot a mis en garde contre le risque que des militaires israéliens commettent un jour des tortures semblables à celles qui ont été infligées par des militaires américains en Irak. Le risque serait plus grand, selon le journal, si Israël mettait fin à la conscription, laissant la tâche de répression à des militaires de carrière alors qu’elle est accomplie le plus souvent par des appelés du contingent et des soldats du corps de réserve.
Un ancien chef des Renseignements militaires israéliens Shlomo Gazit a déploré pour sa part que les témoignages de tortures aient eu beaucoup moins d’impact en Israël qu’aux États-Unis.
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Ces témoignages ont été pourtant jugés tout à fait crédibles par des organismes de défense des droits de l’homme, notamment israéliens, en dépit des démentis infligés par les autorités qui ne sont prêtes qu’à reconnaître des bavures épisodiques.
Selon ces organismes, la mise hors la loi en septembre 1999 de la torture par la Cour suprême israélienne est restée dans une large mesure lettre morte avec le déclenchement de l’intifada en septembre 2000. La Cour avait interdit d’employer des « pressions physiques » dites « modérées » comme « secouer violemment des suspects...