Un assassinat qui complique
la tâche des États-Unis
le 18 mai 2004 à 00h00
La mort dans un attentat du président de l’Exécutif irakien complique encore la formation d’un gouvernement intérimaire agréé par les États-Unis et qu’ils comptent mettre en place après le transfert des pouvoirs prévu le 30 juin.
La mort de Ezzedine Salim est en effet perçue comme un avertissement de mauvais augure par des experts américains, à six semaines du transfert de souveraineté.
Des spécialistes mettent en relief l’incertitude qui règne autour des modalités de ce transfert aux Irakiens, Washington s’appuyant sur l’envoyé spécial des Nations unies en Irak, Lakhdar Brahimi, pour aider à la formation de l’équipe chargée de gouverner d’ici aux élections générales prévues pour janvier 2005.
« Nous savions avant cet attentat que le Conseil de gouvernement transitoire était détesté par beaucoup d’Irakiens, mais l’Administration Bush a jusque-là refusé de tenir compte de ce fait », explique le professeur Charles Butterworth, spécialiste du Proche-Orient à l’université du Maryland. Cet universitaire estime « plus judicieux » de repousser la date du 30 juin « afin d’avoir plus de temps pour s’assurer qu’il n’y aura pas d’incertitude sur la composition du gouvernement intérimaire et sur sa capacité à prendre le pouvoir ». Selon lui, « cet attentat reflète à la fois l’incapacité des Américains à assurer la sécurité en Irak, non seulement de la population mais aussi des dirigeants ».
Nombre d’experts prennent en considération la possibilité qu’un petit groupe radical s’emploie à semer la confusion en Irak et ait décidé de s’en prendre violemment au Conseil de gouvernement transitoire irakien. Les experts de la coalition étudient aussi la revendication de cet attentat publiée sur Internet au nom d’un groupe jusque-là inconnu, le « Mouvement de la résistance arabe ».
Pour le professeur Mary-Jane Deeb, de l’American University à Washington, même si l’attentat ne reflète pas le sentiment général au sein de l’opinion irakienne, les Américains feraient bien d’en tirer les conséquences qui s’imposent. « Cette attaque, c’est un signal aux Américains pour qu’ils comprennent que le gouvernement intérimaire qui doit être mis en place après le 30 juin doit être représentatif de tous les courants de la population. » « Si cette équipe ne représente pas tout le monde, elle ne tiendra pas longtemps et en tout cas certainement pas jusqu’aux élections » de janvier 2005, met en garde l’universitaire. Il suffirait, poursuit-elle, de « convier à une table de négociations les chefs tribaux, les dignitaires religieux sunnites et chiites, et certains anciens membres du parti Baas qui occupaient des postes de technocrates sous Saddam Hussein ».
La question, conclut le professeur Deeb, est de savoir si les Américains « comprennent cela et vont encourager une telle négociation dans les prochaines semaines. Je n’en ai pas l’impression ».
La mort dans un attentat du président de l’Exécutif irakien complique encore la formation d’un gouvernement intérimaire agréé par les États-Unis et qu’ils comptent mettre en place après le transfert des pouvoirs prévu le 30 juin.
La mort de Ezzedine Salim est en effet perçue comme un avertissement de mauvais augure par des experts américains, à six semaines du transfert de souveraineté.
Des spécialistes mettent en relief l’incertitude qui règne autour des modalités de ce transfert aux Irakiens, Washington s’appuyant sur l’envoyé spécial des Nations unies en Irak, Lakhdar Brahimi, pour aider à la formation de l’équipe chargée de gouverner d’ici aux élections générales prévues pour janvier 2005.
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