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Actualités - Reportage

Ce qu’ils en pensent La Tournée Du Dr Walid Al-Moallem

Simple manœuvre destinée à calmer les esprits et à plaire à la communauté internationale ou début d’une nouvelle approche syrienne du dossier libanais, la tournée du vice-ministre syrien des AE, Walid al-Moallem, soulève de grandes interrogations. Si certains au sein de l’opposition pensent que c’est le point de départ d’un processus irréversible, d’autres considèrent qu’il s’agit d’une initiative visant à jeter de la poudre aux yeux et à semer le trouble dans les rangs de l’opposition. Nous avons demandé au député et ancien ministre M. Akram Chehayeb ce qu’il en pense, surtout que dans la tournée de M. Moallem aucune rencontre avec le leader du PSP, M. Walid Joumblatt, n’est encore prévue. Akram Chehayeb, député membre du PSP Q : Pensez-vous que la visite de M. Moallem soit le début d’un changement dans l’approche syrienne du dossier libanais ? R : « Ce que je peux dire pour l’instant, c’est que je souhaite vivement que la diplomatie devienne plus influente que les services de sécurité entre le Liban et la Syrie. De notre côté, nous accueillons favorablement l’initiative de M. Moallem, à condition que son action ne soit pas doublée par une action sécuritaire et qu’elle en soit totalement indépendante. Ce que nous voulons, c’est que les services de sécurité n’aient plus le moindre rôle entre les deux pays. » Q : Mais tant qu’il y a des soldats, il y a forcément des services de renseignements... R : « C’est vrai, mais leur rôle doit rester limité à la protection des soldats. Ils n’ont absolument pas le droit de se mêler des affaires internes du Liban. Cela est inadmissible. Et l’accord de Taëf est très explicite à ce sujet. Les services de renseignements ont un rôle uniquement militaire. Le PSP, et à sa tête Walid Joumblatt, a d’ailleurs beaucoup lutté pour que cela soit reconnu comme une revendication légitime. Nous avons aussi payé un lourd tribut dans ce but. Mais nous pensons que les services de renseignements n’ont pas à intervenir dans la vie politique. » Q : Pensez-vous que l’initiative de M. Moallem est destinée à semer le trouble dans les rangs de l’opposition, d’autant qu’il a rencontré certaines figures de l’opposition, tout en excluant d’autres comme Walid Joumblatt ? R : « Je ne crois pas qu’il soit possible de semer le trouble au sein de l’opposition. Cette opposition est unie autour de slogans et travaille sur base d’un projet. Quand Walid al-Moallem rencontre l’un d’entre nous, c’est comme s’il nous voyait tous. D’ailleurs, nous allons parler de tout cela au cours de notre réunion. Mais je vous rassure tout de suite, je n’ai aucune angoisse quant à une éventuelle division dans les rangs de l’opposition. » Q : Pensez-vous que la tournée de M. Moallem est une initiative de pure forme, sinon folklorique ? R : « Je ne dirai pas qu’il s’agit d’une démarche folklorique. Je pense plutôt que cela pourrait être un bon début. Mais il faut attendre la suite pour émettre un jugement définitif. Il faut voir si les services de renseignements vont cesser leurs interventions dans la vie politique. Même si au fond, j’ai des doutes, car, malheureusement, je crois que dans les régimes arabes, les renseignements sont plus puissants et actifs que la diplomatie et la politique. » Hussein Harb, mécanicien Q : Que pensez-vous de la visite de Walid al-Moallem à Beyrouth et ses rencontres avec des figures de l’opposition ? R : « Je trouve que c’est une démarche intéressante, destinée à calmer les esprits au Liban et au sein de la communauté internationale. Mais même si dans la tête des Syriens, c’est une démarche de pure forme, un grand tabou est brisé et le processus me paraît irréversible. Je crois que les Syriens vont bien finir par comprendre que l’ère soviétique est bel et bien terminée. Avec ce qui s’est passé en Ukraine, ils devraient revoir leurs calculs. Je suis convaincu qu’un grand changement est en train de se produire. Mais ce qui me désole, c’est que face à ce mouvement, l’opposition continue à avoir des calculs de petits boutiquiers et à ne pas avoir un projet d’avenir viable. Pourvu que le vent du changement puisse aussi mettre un peu de plomb dans les cervelles... » Scarlett HADDAD
Simple manœuvre destinée à calmer les esprits et à plaire à la communauté internationale ou début d’une nouvelle approche syrienne du dossier libanais, la tournée du vice-ministre syrien des AE, Walid al-Moallem, soulève de grandes interrogations. Si certains au sein de l’opposition pensent que c’est le point de départ d’un processus irréversible, d’autres considèrent qu’il s’agit d’une initiative visant à jeter de la poudre aux yeux et à semer le trouble dans les rangs de l’opposition. Nous avons demandé au député et ancien ministre M. Akram Chehayeb ce qu’il en pense, surtout que dans la tournée de M. Moallem aucune rencontre avec le leader du PSP, M. Walid Joumblatt, n’est encore prévue.

Akram Chehayeb, député membre du PSP

Q : Pensez-vous que la visite de M. Moallem soit le début...