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Actualités - Opinion

Le cabinet issu des élections négocierait avec Damas un calendrier de retrait

La 1559 et ses modalités d’application. Le sujet fait couler beaucoup d’encre et donne lieu aux positions les plus variées. Ainsi, le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a-t-il affirmé à Paris, à l’issue de sa rencontre avec le président français Jacques Chirac : « Nous réclamons depuis longtemps le rétablissement de la souveraineté, de la liberté et de l’indépendance du Liban, et la résolution s’inscrit dans ce cadre. C’est pourquoi nous sommes pour, mais il faut savoir comment l’appliquer. » Avant d’ajouter : « Ceux qui sont à l’origine de la résolution savent comment l’appliquer. » Cela n’empêche pas le patriarche de reconnaître qu’il existe effectivement des difficultés concernant cette application, parce que les Libanais sont divisés à ce sujet. Les uns plaident en faveur de la 1559, pour la souveraineté et l’indépendance du pays, mais sans que cela ait toutefois des répercussions sur la sécurité, la stabilité et l’unité interne du pays, tandis que les autres s’y opposent, craignant effectivement des retombées négatives sur la scène interne. Ce qui a incité le patriarche à préciser que « ceux qui sont à l’origine de la résolution doivent l’appliquer sans que cela ne crée des difficultés », précisant que « la France se tient aux côtés du Liban, mais qu’elle est également l’amie de la Syrie ». Une question reste cependant en suspens, pour l’instant : quand et comment la 1559 sera-t-elle appliquée ? Le sera-t-elle avant les législatives ou à la lumière de ses résultats ? La nécessité d’appliquer la 1559 sans porter atteinte à la stabilité, à l’unité nationale et à la convivialité, mais, tout au contraire, en suivant la voie du dialogue et de l’entente entre les différentes parties libanaises, fait l’objet d’un consensus interlibanais. De plus, notent les différentes parties, cette application doit se faire dans un esprit de coopération avec la Syrie. En d’autres termes, le mécanisme d’application doit être agréé par les parties libanaise et syrienne, sans qu’il ne s’impose à eux par la force, dans un climat de discorde. Mais est-il réellement possible d’aboutir à un consensus sur le moyen d’appliquer la 1559 et sur le timing de cette opération ? Le Conseil de sécurité prendra-il en considération le degré de consensus qui existe sur la scène libanaise à ce sujet, ou bien les circonstances de l’application échappent-elles aux Libanais, d’autant que l’adoption même de la résolution répondait à un timing précis. Après tout, soulignent des observateurs, le Conseil de sécurité n’a pas bougé lorsque l’opposition, durant quinze ans, revendiquait l’application de la 520 et la fin de la tutelle syrienne sur le Liban. Ainsi, estiment-ils, la 1559 ne serait en rien liée à une dynamique libanaise en soi, et le Conseil de sécurité n’attendra pas, par conséquent, que Beyrouth accepte ou pas son application. Il reste à savoir si la Syrie, qui est directement concernée par la résolution, prendra l’initiative de l’appliquer, ne serait-ce que par étapes, avant les législatives, et à travers un gouvernement qui lui serait acquis, pour que le processus soit consentant. Ou bien si Damas préfère que l’application se fasse à la lumière des résultats des élections. Si ces dernières sont favorables aux loyalistes, ce que Damas cherche à assurer, la 1559 sera appliquée par le biais d’un cabinet qui lui est acquis, et la Syrie ne considérera pas ce processus comme un revers qui lui est infligé. Ce qui pourrait donner tout son sens aux propos du ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk el-Chareh, selon lesquels « Damas est prêt à retirer ses troupes si le gouvernement libanais le lui demande ». Cependant, cette théorie suscite une multitude d’interrogations, dans la mesure où l’expérience prouve qu’aucun cabinet de fidèles à la Syrie, depuis 1992, n’a jamais réclamé le retrait des forces syriennes, se faisant au contraire un point d’honneur à répéter, au fil des déclarations ministérielles, que la présence syrienne est « légale, nécessaire et transitoire ». Lorsque la Syrie n’avait pas encore établi son contrôle sur les institutions libanaises, Damas était resté insensible aux demandes écrites de retrait syrien formulées par les autorités libanaises. Le prétexte invoqué était tantôt l’abolition du confessionnalisme, tantôt les réformes, tantôt le fait que les Libanais sont divisés sur la présence syrienne. Si, toutefois, les législatives sont un triomphe pour l’opposition, et que les loyalistes sont incapables de former tout seuls un cabinet, la 1559 sera-t-elle appliquée à l’encontre des desiderata syriens ou des Libanais, empêchant la formation d’un cabinet comme sous le mandat Hélou, avant les accords du Caire de 1969 ? À cette question, les analystes répondent de manière rassurante, estimant que tant qu’il existe un consensus sur l’application de la 1559 dans la sérénité, le nouveau cabinet, quelle que soit sa tendance, devra entamer des pourparlers avec Damas sur l’application de la résolution et sur l’établissement d’un calendrier de retrait. Des négociations qui devront également porter sur la question des camps palestiniens et le statut du Hezbollah. Émile KHOURY

La 1559 et ses modalités d’application. Le sujet fait couler beaucoup d’encre et donne lieu aux positions les plus variées. Ainsi, le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, a-t-il affirmé à Paris, à l’issue de sa rencontre avec le président français Jacques Chirac : « Nous réclamons depuis longtemps le rétablissement de la souveraineté, de la liberté et de l’indépendance du Liban, et la résolution s’inscrit dans ce cadre. C’est pourquoi nous sommes pour, mais il faut savoir comment l’appliquer. » Avant d’ajouter : « Ceux qui sont à l’origine de la résolution savent comment l’appliquer. »
Cela n’empêche pas le patriarche de reconnaître qu’il existe effectivement des difficultés concernant cette application, parce que les Libanais sont divisés à ce sujet. Les uns plaident en faveur de...