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Entre chiites et sunnites, une tension qui va croissant

Les relations entre les deux principaux courants de l’islam en Irak, les chiites et les sunnites, ont été marquées depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003 par des tensions que les élections, pour lesquelles les chiites partent favoris, pourraient exacerber. Les chiites représentent plus de la moitié de la population irakienne (environ 60 %) et sont principalement établis dans le sud du pays. Les grands chefs religieux, en premier lieu le grand ayatollah Ali Sistani, n’ont cessé d’encourager les membres de leur communauté à participer massivement aux élections qui devraient consacrer leur place prédominante sur l’échiquier politique irakien. Le chef radical Moqtada Sadr a, quant à lui, décidé de ne pas prendre part au scrutin pour signifier son rejet d’élections « sous occupation étrangère ». L’Irak occupe une place considérable dans le chiisme. Les événements fondateurs de cette branche de la foi musulmane s’y sont déroulés et six des 12 imams vénérés par le chiisme y sont enterrés, notamment Ali, cousin et gendre du prophète Mahomet. Les chiites ont constitué dans les années 1950 le gros des troupes du parti Baas et du Parti communiste irakien, avant d’en être progressivement éloignés dans les années 1970, après la montée en puissance du clan sunnite des Tikriti de Saddam Hussein. En 1991, juste après la défaite irakienne pendant la guerre du Golfe, une insurrection populaire chiite a éclaté dans les régions du sud de l’Irak, réprimée dans le sang par les autorités. Face au chiisme, les sunnites entendent représenter l’orthodoxie. Bien que majoritaires dans l’islam, ils sont minoritaires dans la population irakienne (entre 20 et 25 %). Sous le régime de Saddam Hussein, les sunnites bénéficiaient de sa protection et occupaient la majorité des postes du pouvoir, formant l’essentiel des cadres supérieurs de l’armée, de la police et du parti Baas. Cette communauté s’estime marginalisée depuis l’invasion américaine de l’Irak en mars 2003. L’influent Comité des ulémas musulmans a appelé au boycottage du scrutin, et la principale formation sunnite, le Parti islamique, s’est retirée de la course électorale après le refus des autorités de reporter les élections de six mois.
Les relations entre les deux principaux courants de l’islam en Irak, les chiites et les sunnites, ont été marquées depuis la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003 par des tensions que les élections, pour lesquelles les chiites partent favoris, pourraient exacerber.
Les chiites représentent plus de la moitié de la population irakienne (environ 60 %) et sont principalement établis dans le sud du pays.
Les grands chefs religieux, en premier lieu le grand ayatollah Ali Sistani, n’ont cessé d’encourager les membres de leur communauté à participer massivement aux élections qui devraient consacrer leur place prédominante sur l’échiquier politique irakien. Le chef radical Moqtada Sadr a, quant à lui, décidé de ne pas prendre part au scrutin pour signifier son rejet d’élections « sous occupation...