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Actualités - Opinion

Les tout-petits sont-ils des « barbares » ?

Quelle n’a pas été la stupéfaction de tous lorsque les médias ont annoncé qu’une petite fille de 3 ans s’était fait « tabasser » par trois costauds de 5 ans ! Certes, ce fait divers semblait d’abord le fruit d’un défaut de surveillance, mais tout de même, des enfants si violents, si jeunes, n’est-ce pas effrayant ? En fait, ce n’est pas si surprenant. Jusqu’à 5 ou 6 ans, l’enfant est dans l’innocence de la cruauté, comme les grands fauves. Quand le lion mange une biche, c’est avec satisfaction et sans culpabilité. De même, les enfants de cet âge ne connaissent ni le bien ni le mal. Ils ne connaissent que le bien-être et le mal-être. Quand ils se sentent mal, ils expulsent leur tension pour aller mieux. Il n’y a pas d’élaboration psychique. Juste une décharge musculaire. Les tout-petits ne font pas de différence. Ils donnent des coups comme ils dévideraient des insultes : l’acte et la parole, pour eux, c’est la même chose. Tout le travail de l’éducateur consiste à leur apprendre à les différencier, à leur montrer comment faire semblant. Lors d’une visite que j’ai rendue à une école privée, des enfants de 3 à 5 ans s’arrachaient les jouets, se bousculaient, se tiraient les cheveux, me donnaient des coups. Il arriva que l’un d’eux me dit : « Je vais te tuer, monsieur, parce que je suis plus fort ! » Je leur ai montré comment on peut jouer avec les mots sans se faire mal. Comment la parole peut remplacer l’acte. Il ne faut pas attendre d’empathie de la part des enfants petits. Ils ne peuvent pas s’identifier à la souffrance de l’autre, ni même à son plaisir. À cet âge, on est dans son monde. L’autre est mystérieux, étranger : on est incapable de se mettre à sa place. C’est l’éducation – famille et école – qui, peu à peu, nous ouvre au point de vue de l’autre, nous permet d’en tenir compte et de le comprendre. D’autant que les tout-petits vivent dans un monde très simple, divisé en catégories : on est fort ou on est faible, passif ou actif. Ceux qui sont faibles et passifs n’existent pas psychiquement aux yeux de ceux qui se veulent forts et actifs. Il faut même les « supprimer », croit le tout-petit, qui, tant qu’il n’a pas été apprivoisé par l’éducation, ne supporte pas ce spectacle où il voit le reflet de sa propre faiblesse. Parfois, on se met à plusieurs pour s’attaquer au bouc émissaire. Comme disait Péguy : « Quand un homme est tombé, tout le monde est dessus. » C’est cela, la « barbarie » de la toute petite enfance. Pas si éloignée de la barbarie de « certains » hommes politiques « entre eux », ou de certains « peuples »... Jihad NAAMAN

Quelle n’a pas été la stupéfaction de tous lorsque les médias ont annoncé qu’une petite fille de 3 ans s’était fait « tabasser » par trois costauds de 5 ans ! Certes, ce fait divers semblait d’abord le fruit d’un défaut de surveillance, mais tout de même, des enfants si violents, si jeunes, n’est-ce pas effrayant ?
En fait, ce n’est pas si surprenant. Jusqu’à 5 ou 6 ans, l’enfant est dans l’innocence de la cruauté, comme les grands fauves. Quand le lion mange une biche, c’est avec satisfaction et sans culpabilité. De même, les enfants de cet âge ne connaissent ni le bien ni le mal. Ils ne connaissent que le bien-être et le mal-être. Quand ils se sentent mal, ils expulsent leur tension pour aller mieux. Il n’y a pas d’élaboration psychique. Juste une décharge musculaire.
Les tout-petits ne...