Une statue géante de Saddam Hussein arrachée de son socle par des soldats américains qui lui ont passé une chaîne autour du cou. Un détenu irakien rampant nu sur le sol, une laisse autour du cou, tenue par une gardienne militaire américaine. Deux images symboles de la guerre en Irak.
De par leur nature, les guerres se prêtent aux images fortes, mais rares sont celles qui, autant que le conflit irakien, ont généré aussi rapidement des photos percutantes, au fort contenu émotionnel, capable d’altérer radicalement les perceptions de l’opinion publique.
Dès ses premières minutes, la guerre en Irak a été immédiatement la guerre la plus visuelle de l’histoire, avec des journalistes « incorporés » dans les unités et une technologie satellitaire fournissant aux téléspectateurs du monde entier des images en direct de la progression éclair des troupes américaines et britanniques dans le désert. Initialement, ces images étaient venues conforter l’opinion de la majorité des Américains favorable à la guerre, notamment en voyant des Irakiens danser de joie autour des statues abattues de Saddam Hussein.
L’image du président George W. Bush atterrissant sur un porte-avions pour annoncer, sous une immense banderole proclamant « mission accomplie », la fin des combats majeurs, le 1er mai 2003, avait été un autre moment fort du conflit, perçu aussi comme un habile exercice de relations publiques pour souligner le leadership présidentiel.
Mais peu à peu, d’autres photos sont apparues, soulignant à quel point la technologie numérique et la montée en puissance de l’Internet ont démocratisé création, contrôle et dissémination du visuel.
En avril, le Seattle Times publiait une photo de 20 cercueils recouverts du drapeau américain, hissés sur un avion de transport au Koweït.
Cette photo avait provoqué un choc national, en partie dû au refus du Pentagone de laisser la presse couvrir les transferts de victimes de la guerre. Elle avait été prise par Tami Silico, une employée d’une firme sous-traitante de l’armée, avec une caméra numérique bon marché.
Ce sont aussi des photos d’amateurs, prises par des soldats et envoyées par courriels, qui ont fait éclater le scandale le plus embarrassant de la guerre pour Washington : celui des sévices et tortures infligés aux détenus irakiens à la prison d’Abou Ghraib, près de Bagdad.
Et il y a quelques jours, des milliers d’internautes ont pu voir sur un site Internet des images vidéo granuleuses de la décapitation en Irak d’un jeune Américain, Nicholas Berg, par un groupe islamiste radical.
De telles images sont loin d’avoir la qualité des photos venant des grandes agences photos ou des services d’information des armées, mais leur contenu et leur dissémination globale les rendent tout aussi fortes.
« Elles ont montré qu’elles avaient une influence importante sur l’opinion publique » estime Christopher Simpson, professeur de communications à l’American University de Washington.
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De par leur nature, les guerres se prêtent aux images fortes, mais rares sont celles qui, autant que le conflit irakien, ont généré aussi rapidement des photos percutantes, au fort contenu émotionnel, capable d’altérer radicalement les perceptions de l’opinion publique.
Dès ses premières minutes, la guerre en Irak a été immédiatement la guerre la plus visuelle de l’histoire, avec des journalistes « incorporés » dans les unités et une technologie satellitaire fournissant aux téléspectateurs du monde entier des images en direct...