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Actualités - Chronologie

La lumière, pour Rose Saad (photo)

Dans son humble logis à Achrafieh, Rose Saad, 70 ans, vous reçoit avec le sourire, vêtue de l’éternelle robe monastique de Nehmetallah Hardini qu’elle ne quitte plus. Le miracle qu’elle affirme avoir vécu par l’intercession de celui qui sera canonisé demain, et qui lui a permis de recouvrer la vision dans un œil, était particulièrement spectaculaire puisqu’il a eu lieu le jour même de la béatification, le 10 mai 1998, devant les foules de fidèles. Ce miracle, très rapidement confirmé par le Vatican, a contribué à la canonisation de Hardini, six ans seulement après sa béatification. Quand Rose Saad a été conduite par sa fille au couvent de Kfifane ce jour-là, elle n’avait jamais entendu parler de ce prêtre qu’on s’apprêtait à béatifier. Elle avait déjà perdu totalement l’usage de l’œil, alors que dans l’autre, une sorte de barre noire l’empêchait de distinguer quoi que ce soit. Après quatre interventions chirurgicales, les médecins avaient baissé les bras. Rose arrive donc à Kfifane, après avoir franchi la distance qui sépare le couvent de Jrabta, où a vécu sainte Rafqa, du couvent de Hardini, pieds nus. « Jésus, guéris-moi », prie-t-elle. Ce qui s’est passé ensuite est observé par des centaines de gens qui l’entourent et couvert par les journalistes. La version de celle qui était alors non-voyante : « Soudain, je vois l’église qui s’allume, une immense lueur. Constatant que j’avais retrouvé l’usage d’un œil, je commence à pleurer, je crie “Je vois!”, me penche et me couvre le visage du sable du couvent. Autour de moi, ma fille et ma petite-fille fondent en larmes. Tout de suite, je suis prise en charge par l’évêque Roland Aboujouadé qui recueille mon témoignage.» Plus tard, son médecin effectuera des tests et se rendra compte, à sa grande surprise, que son œil ne présente aucune trace des multiples opérations subies. « Depuis ce jour béni, ma vie est dédiée à Hardini et j’ai fait le vœu de ne plus porter que sa robe monastique», poursuit Rose. Son fils, présent dans la pièce, ouvre l’armoire pour montrer la garde-robe uniforme et noire de sa mère. « J’ai donné toutes mes robes aux pauvres », ajoute celle-ci. D’ailleurs, cela ne la gêne pas de devoir s’habiller en noir. «J’ai perdu deux fils durant la guerre, et ce n’est que sur l’insistance de mes autres enfants que j’ai dû réapprendre à m’habiller en couleurs», raconte-t-elle, une immense tristesse voilant soudain son regard. Montrant les photos de ses enfants décédés qui ornent toujours les murs de la maison, elle poursuit: « C’est peut-être parce que j’ai tant pleuré que j’ai perdu la vue. Le Seigneur a dû trouver que j’avais assez souffert et me l’a rendue.» Rose ne peut pas faire le déplacement au Vatican pour assister à la cérémonie de canonisation de Nehmetallah Hardini en raison d’une blessure à la jambe et d’une santé fragile. Mais elle sera dimanche à Kfifane.
Dans son humble logis à Achrafieh, Rose Saad, 70 ans, vous reçoit avec le sourire, vêtue de l’éternelle robe monastique de Nehmetallah Hardini qu’elle ne quitte plus. Le miracle qu’elle affirme avoir vécu par l’intercession de celui qui sera canonisé demain, et qui lui a permis de recouvrer la vision dans un œil, était particulièrement spectaculaire puisqu’il a eu lieu le jour même de la béatification, le 10 mai 1998, devant les foules de fidèles. Ce miracle, très rapidement confirmé par le Vatican, a contribué à la canonisation de Hardini, six ans seulement après sa béatification.
Quand Rose Saad a été conduite par sa fille au couvent de Kfifane ce jour-là, elle n’avait jamais entendu parler de ce prêtre qu’on s’apprêtait à béatifier. Elle avait déjà perdu totalement l’usage de l’œil,...